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Comment les célibataires algériennes vivent-elles leur solitude ?

Selon les conclusions d’une agence de presse allemande, l’Algérie compterait près de 9 à 11 millions de femmes célibataires en âge de procréer dont presque la moitié aurait plus de 35 ans ! Bien que fort instructive, cette étude ne nous dit pas combien d’hommes algériens sont dans le même cas.

En attendant, pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène, comparons ces chiffres avec un pays comme la France ou “seulement” 4,5 millions de femmes sont célibataires dans un pays qui compte deux fois plus d’habitants que le nôtre ! L’Algérie est donc devenu le pays des célibataires.

Beaucoup d’algériennes vivent la solitude comme une tare, comme une malédiction dans une société qui valorise la famille et le couple. Quand il est subi, le célibat donne le sentiment d’être incomplet. Pourtant, même si la solitude peut-être durement vécue, Dziriya.net vient apporter une touche d’espoir et vous montre que certaines réussissent à bien vivre leur célibat car elles ont décidé d’y voir que les points positifs.

Qui sont les célibataires algériennes ?

Plusieurs raisons font qu’une femme est seule : Il y a les séparées, les divorcées, les jeunes filles, les “vieilles filles”. Parmi celles-ci, on trouvera autant de citadines que de rurales. Donc le mythe qui dit que seules les femmes qui ont une carrière ont des difficultés à rencontrer l’âme-soeur est infondé.

Mais les choses ne sont pas si simple, car il y a les femmes séparées ou divorcées qui vivent avec des enfants, des femmes qui vivent des histoires d’amour sans lendemain. Pire encore, il y a des femmes dites en couple et qui se sentent seules au côté d’un homme qu’elles n’aiment plus. Dans ce cas, on parle de solitude subjective, car l’isolement affectif que subissent ces femmes n’est pas forcément perceptible par leur entourage. Le sentiment est d’autant plus angoissant que seule la victime peut le ressentir, donc là il y a solitude et isolement.

Pour bien vivre les choses et affronter la vie avec force, il faut savoir que le célibat peut être une grande source d’enrichissement personnel.

Le célibat : une pause bien méritée

Le célibat peut être vécu comme une pause, un tremplin vers une nouvelle vie.
Les femmes seules ne vivent pas forcément le célibat comme un drame mais plutôt comme une pause choisie. Elles décident de se mettre hors circuit sentimental et ainsi profiter de cet intervalle pour prendre du recul sur leur propre vie et analyser leurs échecs.

Dans ce cas, la solitude devient bénéfique puisqu’elle permet de débuter une autre vie de manière plus mature, une vie plus riche et mieux guidée. Ces femmes donc vivent seules mais ne se sentent pas forcément isolées. Pour elles, la solitude est un refuge, un soulagement ou une quête intérieure. Après le traumatisme d’un divorce, elles sont ravies de se retrouver seules car elles éprouvent le besoin de rééquilibrer leur vie.

Mais il ne faut pas se leurrer, rares sont celles dont la solitude est un choix de vie. La grande majorité des femmes supportent mal le célibat pour de nombreuses raisons.

Pour ne pas sombrer dans la dépression, ces femmes doivent désacraliser le mariage et concevoir qu’une vie peut être épanouie et enrichissante en solo.

Et si le mariage à vie était une utopie ?

Nous ne pouvons que constater que nous tendons vers un nouveau modèle social où le mariage à vie n’est plus la norme.

Et ce n’est même pas nouveau… Dans la tradition musulmane, le divorce est traité de manière décomplexé, même si c’est la chose la plus détestée par Allah. Les épouses du Prophète (saws) n’étaient-elles pas presque toutes divorcées ? Khadija, n’avait pas épousé le prophète en quatrième noce ? Ces exemples, qui sont des références, nous montrent que nous n’avons pas besoin de vivre toujours avec la même personne pour être épanouie, la stabilité ne se trouve pas forcément dans la continuité. Au contraire, certaines se perdent dans un mariage qu’elles ne supportent plus.

En Algérie, la société évolue vers un modèle relationnel où le couple qui se marie jusqu’à la mort devient obsolète. Aujourd’hui, les gens sont plus individualistes, font passer leur bien-être au-dessus de la famille à l’inverse de nos grands-mères qui se sacrifiaient pour leurs enfants. Aujourd’hui, beaucoup de femmes algériennes vivent des séquences alternées de couple et de célibat. Beaucoup de femmes entretiennent des relations avec un homme sans forcément vivre avec lui, elles sont donc seules et en couple. Même si cela est totalement tabou et contraire à nos préceptes religieux, les femmes ne trouvent pas d’autres choix que ce mode de vie.

Les femmes veulent avoir leur place dans la société, elles veulent des compagnons qui les respectent.

Et pour les femmes qui sont en couple mais qui sont seules ?

Certaines personnes pensent que la pérennité du couple se trouve dans la fusion, ces femmes se croient heureuses en étant en fusion avec leur moitié, mais cela est une chimère, pour bien vivre en couple, il est nécessaire de pouvoir être seule. Mais cette solitude ne signifie pas l’isolement ! Tout ce passe dans la tête, une femme bien dans sa tête ne croit plus en l’homme idéal, elle essaye juste de jongler et de prendre le meilleur de son homme.

Souvent, les femmes au passé douloureux s’accrochent à leur couple car elles ont peur de finir seules. Mais cette peur d’affronter la solitude les conduit vers un isolement de plus en plus fort amenant à une dépression certaine. Peut-être qu’une prise de risque permettrait de transformer cette solitude si terrifiante en un chemin vers l’épanouissement personnel. Pour grandir, nous avons sans cesse besoin de nous détacher pour mieux nous recentrer sur nous-mêmes. Comme un enfant en quête d’autonomie, cette évolution de l’apprentissage ne se sépare jamais de nous. Mais attention, nous n’avons pas dit que toutes les femmes malheureuses doivent divorcer.

Celles qui vivent bien la solitude ont une certaine maturité affective. Ces personnes ne sont pas effrayées par la solitude, car celle-ci leur permet d’entretenir leur richesse intérieure et les rend plus forte et indépendants.

Pour finir sachez que le bonheur se gagne dans les épreuves et s’apprécie dans la complexité.

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