CoupleMariage

Des prix prohibitifs pour les cérémonies de mariage

mariage trop cher

C’est l’été, les rendez-vous des grandes fêtes et des unions sont déjà arrêtés, joie et bonheur sont au rendez-vous, mais aussi et pour les concernés, les mariés et leurs familles, c’est toute une série de préparatifs et de dépenses de plus en plus chers à assumer.

4 millions pour la limousine, 20 pour la salle des fêtes

Des dépenses sont tantôt nécessaires, parfois farfelues juste pour le besoin de faire mieux, d’éviter les commentaires et de se distinguer. Qui casque le plus, la mariée ou le marié ? Difficile de trancher car de part et d’autre la note est très salée, et ne cesse de flamber d’année en année. Cela au nom de la nouveauté et du chic. De la location de la salle à l’orchestre – la troupe de la zorna – en passant par le traiteur, le fleuriste et la belle caisse pour le cortège, sans oublier le dîner offert en aparté à la famille et aux amis et la réservation à l’hôtel pour la nuit de noces, il y en a pour toutes les bourses, mais surtout pour toutes les fantaisies. Ainsi, et si réserver une salle tient d’une véritable prouesse, vu qu’il faut s’y prendre parfois des semaines à l’avance, le paquet à y mettre pour un après-midi seulement commence à partir de 100 000 DA. On parle même de salles des fêtes à 170 000 et 200 000 DA et même à 600 000 DA pour les plus nantis. Inutile de préciser que le prix de la salle ne concerne que le service et les salés. Il faut aussi ajouter les frais d’animation et là, il n’existe pas de chanteurs et orchestres qui ne voudraient jamais se reproduire pour pas moins de 70 000 Da. «C’est un prix d’amis, s’il vous plaît», affirme t-on à chaque fois. Et si c’est le service, le décor, les boissons gazeuses et les salés ainsi que la sécurité et le parking qu’on paye en louant une salle de fêtes, il faut encore débourser pour le photographe et le caméraman.

«On a besoin d’immortaliser ces moments. C’est important», nous dira la mère d’une future mariée. Laquelle ajoutera : «Le caméraman nous a demandé 12 000 DA et le photographe 10 000 DA. On ne va pas prendre la mariée en photos avec un appareil jetable quand même», s’est-elle indignée.

Des limousines et des 4×4 pour le cortège

La coutume dans l’Algérois veut que la mariée ne peut sortir de chez ses parents sans être accompagnée par les sons de la légendaire troupe de la zorna. Là encore, il faut entre 10 000 et 12 000 DA à débourser, question de louer les services de ces musiciens. La question du prestige entrant toujours en jeu, beaucoup misent sur l’éventualité d’avoir un très beau cortège nuptial. Pour ceux qui peuvent se le permettre, la tendance est à la location des limousines et des 4×4 blindés, cela à raison de 38 000 DA et plus la journée. N’oublions surtout pas la note du fleuriste et où entre la décoration du véhicules du marié et les bouquets à offrir à la mariée et à déposer dans la salle, il faut compter alors pas moins de 10 000 DA.

La «machta», un métier de retour

Alors que tout se joue autour de la «tasdira», où la mariée exécute son défilé de mode, et où elle est présentée aux convives, toujours dans sa plus belle parure, il est indiqué que cette dernière demande parfois des années d’économies et/ou des semaines et des semaines de recherche et de préparatifs et surtout beaucoup d’argent. «C’est cher tout cela, mais on ne va pas en priver la mariée pour autant», ajoute notre interlocutrice. Elle focalise alors sur la nouveauté qu’elle compte présenter lors de la «tasdira» de sa fille : faire appel à une «machta», et ses tenues traditionnelles. Le métier qui n’est d’ailleurs pas une nouveauté dans la société algérienne, revient à la page avec une nouvelle version, apprend-on. Il s’agissait dans le temps de femmes qui prenaient en charge la mariée le jour de ses noces, l’habillait, la maquillait et l’assistait dans sa «tasdira». Aujourd’hui, il est question de fournir à la mariée de belles tenues traditionnelles avec les accessoires et bijoux assortis. Des tenues qu’on loue de 5 000 à 10 000 DA et souvent les concernées optent pour plus de deux tenues et parfois pour toute la collection, à la grande joie de la «mechta». Si beaucoup de gens préfèrent confectionner et posséder leurs propres tenues de tasdira, il ne reste pas moins que la location de la robe blanche s’impose. Encore des milliers de dinars à débourser !

La distinction à prix fort

Aujourd’hui, la tendance est à bien présenter ses gâteaux de mariage et d’en présenter les meilleurs qui soient sur le marché. La déco des tables, les serviettes et les fleurs doivent être présentées de la façon la plus artistique et la plus originale qui soit. Les adeptes de la créativité et du «on fait mieux que les au-tres», trouvent leur compte en accessoires chez les importateurs. Là le choix est grand sur le marché. Il y en a pour toutes les idées, tous les goûts, pour peu qu’on y mette le prix. On opte même pour des assiettes en verre pour mettre les gâteaux, que les convives emportent en guise de souvenir. Des confiseries à base d’amandes, pistaches, noix, qu’on commande aux traiteurs et/ou à des spécialistes à partir de 50 DA la pièce. Certains sont cédés jusqu’à 150 et 200 DA l’unité. Encore qu’il faut penser aux petites bourses et boîtes joliment décorées pour les dragées et bien sûr les paquets à gâteaux pour les enfants.

La mariée met le paquet

Si les frais de la salle et de la cérémonie coûtent les yeux de la tête, une dépense assez particulière et ô combien indispensable, voire obligatoire, est prise en compte. Souvent et suivant les accords entre les familles des mariés, cette dépense est à la charge du marié. «La mariée se fait belle pour lui, c’est normal que ce soit lui qui débourse», nous assure-t-on le plus souvent. Cette dépense concerne l’aspect esthétique qui permet toute une métamorphose de la mariée en reine d’un soir. C’est au salon «Houda et Nina» qu’on a un aperçu sur les prix. Il est donc question de 7 000 da et plus pour la coiffure et le maquillage de soirée, de 2 000 jusqu’à 3 500 Da le nettoyage de peau. Dans d’au-tres instituts de beauté très huppés et en vogue bien sûr, ces prix peuvent être multipliés par deux. «C’est tout à fait normal que ceux qui peuvent se le permettre doivent en profiter, on ne se marie qu’une fois», nous confie une mariée, rencontrée dans ce salon. La tournée des prix d’une cérémonie se clôture avec la facture de la réservation de l’hôtel pour la nuit de noces, 12 000 DA dans les hôtels quatre étoiles et jusqu’à 35 000 DA dans les grands hôtels. Et on retiendra les dires de la mariée du salon de coiffure «Houda et Nina» :

«Tous ces frais ne sont pas obligatoires, mais si on a les moyens pourquoi s’en priver»

Pour un jeune récemment marié, la cérémonie a coûté 230 000 DA. Le secret réside, selon lui, dans le fait qu’il existe plusieurs façons de faire pour minimiser les dépenses. «Ce qui engloutit de l’argent c’est le choix de la salle des fêtes, des gâteaux et des plats. Quand on choisit des gâteaux à 70 DA la pièce, il faut s’attendre à une grosse dépense», a-t-il avancé. Enfin, n’additionnez surtout pas les prix avancés ci-dessus, car beaucoup d’entre vous risquent d’être choqués. Mais vive les mariés, surtout!

Par Habiba Ghrib

Répondre