Crime passionnel


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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par Dziriya, 9 h 25 min, 14 mars.

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    Admin

    Dziriya

    Le [b]crime passionnel[/b] désigne un meurtre ou une tentative de meurtre dont le mobile est la passion ou la jalousie amoureuse.
    La victime en est généralement un être aimé du tueur et l’ayant trompé, ou bien son amant(e).
    Le schéma le plus classique est celui du triangle amoureux : deux personnes qui en aiment une troisième et se jalousent.
    Le crime passionnel fait souvent l’objet de legislation particulière, car il est considéré que la passion amoureuse fait perdre le contrôle de soi-même dans les cas extrêmes, notamment de jalousie. Il est donc souvent moins sévèrement puni que les autres types de meurtre, que ce soit dans la loi (lois d’exceptions) ou seulement dans les faits (circonstances jugées atténuantes). En France, par exemple, il est une des formes d’homicide les moins sévèrement punis. Notons que si le crime passionnel est, en France, l’une des formes d’homicide les moins sévèrement punies, c’est sans doute la conséquence de l’influence de la doctrine positiviste italienne du XIXe siècle, au moment de l’apogée du romantisme artistique et littéraire en Europe.
    Le contentieux O. J. Simpson est un exemple allégué de crime passionnel.
    Le crime passionnel a beaucoup inspiré la littérature policière et les scénarios de murder party.

    [b]Crime passionnel ou « fémicide » ? [/b]

    Nicolas Journet

    Le 17 juin 1988, Jocelyne M., 30 ans, abat froidement son mari Marc à l’aide d’un fusil de chasse qu’elle a acheté la veille : elle tire quatre cartouches sur lui puis brise l’arme sur son crâne. Il est vrai que celui-ci venait de la menacer avec un couteau au cours d’une de ses innombrables et violentes crises de jalousie… Les meurtres entre conjoints, partenaires sexuels ou membres d’une même famille sont, il faut l’avouer, trop fréquents, mais semblent former une catégorie à part, le « crime passionnel ». Cet intitulé, toutefois, est contestable car il attribue une cause psychologique à une série de faits que d’autres observateurs préfèrent nommer « violences conjugales », phénomène qui, comme chacun sait, relève de la domination ancestrale d’un sexe sur l’autre. Tel est le débat que, sur la base d’une étude de crimes passionnels rapportés dans les journaux, Patricia Mercader et Annik Houel, psychologues, ainsi que Helga Sobota, sociologue, entendent rappeler et éclairer.
    L’examen des circonstances de 337 meurtres passionnels leur permet d’établir plusieurs points essentiels. D’abord, comme on s’y attend, celui de l’asymétrie des acteurs : dans 78 % des cas, le meurtrier est un homme, les victimes étant des femmes, des enfants ou d’autres hommes. Restent tout de même 22 % des cas où ce sont les femmes qui tuent. Oui, mais dans quelles circonstances ? C’est sur ce point sans doute qu’une asymétrie entre les sexes se précise : la plupart des hommes attribuent leur geste à la « jalousie » ou au refus de « perdre » leur partenaire, tandis que chez les femmes, le mobile le plus invoqué est de mettre fin à la « tyrannie » de leur partenaire. D’un point de vue objectif, il apparaît d’ailleurs que les hommes passent fréquemment à l’acte après la séparation ou le départ de leur partenaire, alors que les femmes agissent plutôt dans le cadre d’une cohabitation en cours. En peu de mots : les hommes tuent pour « garder » les femmes, les femmes tuent pour « se débarrasser des hommes ». Il y aurait donc deux profils complémentaires de « criminels passionnels » : le « macho fémicide » et la « femme battue qui tue ». Dans l’enchaînement des faits, tout commence avec la violence masculine… Cette asymétrie de responsabilité amène nos auteures à lier le scénario du meurtre conjugal quel qu’en soit le ou la responsable à une conception archaïque du couple et des rapports de sexe : le crime naît des tendances exagérément patriarcales de certains hommes à vouloir posséder et dominer entièrement leur femme et leurs enfants. La violence féminine – lorsqu’elle se manifeste – ne serait qu’une réaction à cet abus. Les auteures, toutefois, signalent que ces violences extrêmes ne surviennent pas au sein de n’importe quel couple, mais chez ceux qui partagent une vision et une pratique fusionnelles voire possessives de l’amour et des relations familiales. Il y aurait donc une seconde condition, psychologique et symétrique cette fois, à la création de la situation criminogène : l’attachement passionnel, qui empêche les partenaires d’envisager une autre solution à leur problème, bien que toutes les facilités légales existent aujourd’hui pour se séparer. Le crime passionnel relèverait donc de deux niveaux d’analyses : l’un, sociologique, met en cause un vestige de la domination masculine et la structure monogame du foyer ; l’autre, psychopathologique, concerne l’investissement affectif par les individus de l’amour sexuel et l’enfermement névrotique dans le couple.

    [i][b]Et vous que pensez vous du crime passionnel ?[/b][/i]


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