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Publication des photos des enfants sur Internet

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Ce sujet a 9 réponses, 4 participants et a été mis à jour par Lylou, 0 h 47 min, 17 septembre.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
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    Messages
  • #969090
    Dziriyatnaute

    Lylou

    Bonjour les Dziriyates,

    Je souhaite débattre d’un phénomène de mode qui me choque de plus en plus. On l’a tous remarqué, beaucoup de parents (ou proches) publient les photos et vidéos de leurs enfants sur Internet via les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, blog, etc.) ou autres applications (Viber, WhatsApp, etc.) sans en mesurer les conséquences (moqueries, harcèlement, etc.). Celles-ci peuvent être plus graves et risquent de tomber entre les mains d’inconnus pouvant les détourner pour d’autres fins…
    Il faut savoir qu’une fois publiée sur le net, une photo devient une propriété publique, elle ne vous appartient donc plus. Vous n’aurez par conséquent aucun droit de propriété ou de réclamation en cas de détournement ou utilisation par autrui.
    De plus, une photo mise en ligne, même si vous décidez de la supprimer, restera à jamais dans les archives du site hébergeur.

    Aucun adulte (même les parents de l’enfant) n’a le droit d’exposer les photos d’un enfant sans son consentement !! Comme les enfants ne sont pas en mesure de comprendre ce genre de choses pour qu’ils puissent en décider d’eux même, il faut les respecter et protéger leur intimité. C’est plus qu’un devoir, c’est une obligation !

    Je peux comprendre que certaines personnes souhaitent partager leur bonheur mais cela n’est pas sans risque. Personnellement, je n’aurai pas apprécier que mes parents exposent mes photos étant petite.

    Protégeons l’identité virtuelle de nos enfants, sinon ils risquent de nous en vouloir un jour !

    J’ai donné mon avis sur le sujet et souhaiterais avoir d’autres opinions. Alors qu’en pensez-vous ? Cela vous choque-t-il ou alors vous trouvez que c’est normal ?

    Excellent weekend à toutes.

    #969092
    Dziriyatnaute

    Couronne2016

    Merci pr le sujet Lylou. Moi aussi je suis choquée de voir des amis sur Facebook (que parfois je connais a peine) étaler leur vie (et meme quand ils commentent un sujet et répondent des trucs intimes et qu’on peut lire a leur insu) et partagent des photos de leur enfants en public.

    C’est une vraie catastrophe pour moi. Meme si jy vais souvent je me mefie de Facebook d’ailleurs je trouve les forums plus intéressants car ils respect l’anonymat des gens….

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois par Couronne2016.
    #969100
    Dziriyatnaute

    Samraa

    Salam les filles,

    Merci pour le sujet Lylou. Je me pose toujours cette question j’en discutais de cela, cela fait pas longtemps.

    Je partage ton point de vue.

    Pour moi, même le partage ne justifie pas cette diffusion pour être vu vue que si tu veux montrer la photo d’un enfant à un proche, tu peux très bien la lui envoyer en privé.

    Cela rejoint un peu la mentalité « choufouni », les gens exhibe les photos de leurs enfants comme ils exhibent les photos de bien matériel : fringue, meuble, voiture, voyage…même si exhiber ce genre de truc aussi c’est discutable mais au moins c’est des choses.

    Un enfant comme tu le dis c’est un être humain à part même si c’est votre enfant, on peut pas montrer les photos je trouve que c’est exagéré, comme on dit il ne faut pas tenter le diable, les gens cherchent à protéger coute que coute leurs enfants des prédateurs de tout genre qui existent sur le net . et il y’a d’autres qui sont inconscients. Non seulement une photo exposé ne t’appartient plus mais tu peux nuire à l’enfant.

    Sans parler d’autres aspects comme les moqueries ou si on veut aller loin des photos qui peuvent nuire à l’enfant ou sa carrière si il est voué à qqc de grand. Des choses publiés peuvent se retourner contre lui.

    Bref, les choses ont bien changé, fut un temps ou donner la photo de son enfants ou sa propre photo était une marque de confiance maintenant on s’affiche sur le net pourquoi pas mettre des posters sur la place publique du village ou du centre ville , si les gens font le rapprochement, bcp se rendrait compte du ridicule de la chose.

    #969151
    Dziriyatnaute

    Ludmila_p

    Il faut savoir qu’une fois publiée sur le net, une photo devient une propriété publique, elle ne vous appartient donc plus. Vous n’aurez par conséquent aucun droit de propriété ou de réclamation en cas de détournement ou utilisation par autrui.

    C’est faux. Le droit d’auteur et le droit à l’image sont inaliébles. Que ce soit sur n’importe quel média. En pratique, ça peut être difficile de faire respecter les droits, mais c’est tout à fait envisageable, et les sommes réclamées en dédomagement peuvent être conséquentes.

    Aucun adulte (même les parents de l’enfant) n’a le droit d’exposer les photos d’un enfant sans son consentement !!

    Faux aussi: les parents (père et mère) ont tout à fait le droit puisqu’ils sont tuteurs. De même, si un tiers photographe devait photographier leur enfant, le consentement des parents est obligatoire. Et par écrit.

    Pour le reste chacun fait ce qu’il veut, mais les “drames sur internet” commencent à tourner à la psychose et à la légende urbaine: mettre une photo de son bambin ou un portrait ne mène pas systématiquement à l’utilisation frauduleuse ou à l’ombre d’une augmentation de risque (évidemment, il n’est pas raisonnable d’adjoindre à tout prix son adresse.. 🙂

    Quant à “l’intimité” et la “pudeur”, chacun juge en fonction de sa propre morale, ou de son indifférence (ou pas) à l’avis des autres.

    Perso, je n’ai pas ce genre de blocage (et de très loin) mais comme je disais, chacun voit midi à sa porte.

    Tamara

    #969368
    Dziriyatnaute

    Lylou

    @ludmila,

    1. Je crois que tu confonds un peu les choses. Seule les oeuvres dites originales sont protégées par le droit d’auteur. On peut avoir le droit de réclamer si nous sommes pris en photo dans la rue et qu’on la retrouve sur les médias ou sur le net. Mais les photos publiées par nous même ne sont aucunement protégées.
    En utilisant les applications actuelles, à l’inscription, il est exigé d’approuver les conditions générales. L’utilisateur cède en quelque sorte ses droits à l’application en échange d’une utilisation que l’utilisateur croit gratuite !!. Ainsi, les administrateurs de ces réseaux sociaux pourront librement et légalement utiliser et distribuer le contenu alors même que le contenu reste de la propriété de l’utilisateur.

    2. Pour ce qui est de ta seconde remarque, elle m’a fait bien rire 😂😂😂.
    Bien sûr qu’aux yeux de la loi, les parents sont tuteurs et ont donc le “droit” d’exiber leurs enfants. Ma réflexion est plus profonde que ta compréhension. Il est question de droit morale !!! Ceci peut ne pas te parler.

    3. Les risques sur le net sont bien présents et ne relèvent aucunement de la psychose. Je t’invite à t’en informer davantage !. Ceci dit, dans mon intervention, l’accent était mis plus sur la liberté de choix et le respect de la vie privée des enfants avant tout. C’est une question qui ne peut être à la portée de tous étant donné qu’un bon nombre d’adultes ne reconnaissent pas que les enfants soient des personnes à part entière en raison de leur jeune âge. Ils ont cependant droit à être questionné lorsqu’il s’agit de leur personne. Je vais aller plus loin en faisant remarquer qu’un certain nombre d’études psychologiques révèle la nécessité de demander l’avis des enfants même en voulant les embrasser. Combien d’entre nous ont été confronté à la réticence d’un enfant face à un adulte qui les embrasse ou les prend dans ses bras. Certains enfants vont même jusqu’à s’essuyer la joue après un bisou. Cette action en dit long sur la nécessité de respecter la volonté des enfants.

    Enfin, chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa propre vie et des choses qui le concernent personnellement, mais pas avec autrui même si c’est leur propre enfant.
    Malheureusement certains adultes s’attribuent certains droits lorsqu’il s’agit des enfants. C’est une question de conscience et d’éthique et non de droit (justice et lois).

    #969384
    Dziriyatnaute

    Ludmila_p

    Ahlala Lylou, tu n’es clairement pas juriste, et c’est une matière souvent spécieuse que même eux manient avec prudence. Tout le monde s’imagine connaitre ses droits par rapport à la diffusion ou la prise d’une photo, mais fondamentalement personne ne sait de quoi il parle: c’est général. Mais bon, comme c’est un peu mon métier pour un part, je t’explique:

    D’abord, il faut différencier “droit d'”auteur” et “droit à l’image”.
    Le droit d’auteur consiste à la défense du créateur (ici le photographe) , les droits à l’image concernent la personne représentée (ici l’enfant, représenté par ses ayant-droit, les parents). Çà n’a rien à voir.

    Commençons par la notion “d’oeuvre originale”.
    Une oeuvre originale (outre le fait qu’on dispose de l’image unique et originale – le négatif, le fichier Raw qui sort de la camera etc) est une image ou le créateur a fait un effort créatif qui la rend particulière et unique: si on prend le portrait (d’un enfant, d’un adulte), ce sera TOUJOURS considéré comme oeuvre originale (le choix du moment, de l’éclairage, du décor, de l’expression, du stylisme (vêtements, coiffure… ne seront jamais pareils, même à quelques minutes d’intervalle, et même prise par la même personne). Ce qui n’est pas le cas de la reproduction d’une boite de conserve par exemple (et encore, si créativité il y a dans les reflets, l’angle, la lumière, le décor… ça deviendra une oeuvre créative et donc originale. Et de fait recevable en tant qu”originale” par un tribunal).

    Les photos que tu publies sont TOUJOURS protégées par le droit d’auteur, même si tu ne signales pas un copyright ( le fameux petit © ).
    Sauf si tu cèdes tes droits dans un cadre précis:
    – tu mets une license “creative commons” (libre d’utilisation et de droits)
    – tu cèdes par contrat tes droits à un tiers ( un client, un éditeur, dans le cas d’un site comme facebook, ), par voie de cession écrite ou de facturation reprenant précisément les caractéristiques de l’oeuvre et les limites d’utilisation.

    Mais dans ce dernier cas, effectivement Facebook pourrait utiliser ta photo pour son usage puisque tu as signé une clause contractuelle de cession. Mais ce n’est PAS le cas de MR X qui a copié ta photo et qui s’en sert pour son propre usage. Une cession de droit est toujours nominale, et toujours limitée dans le temps, ou pour un nombre de publication déterminée. Facebook pourrait donc monnayer ou employer ton image à son profit (et encore), pas quelqu’un d’autre. Mais si ils devaient le faire, malgré qu’ils disposent des droits théoriques, je te garantis qu’ils te contacteront avant, te demanderont l’autorisation d’exploitation, et la certification qu’il n’y a pas de droit attachés (droits à l’image, ou droit d’auteur afférent ( la photo d’une façade que tu aurais photographiée, par exemple, et sur laquelle un architecte aurait les droits d’auteur… jusqu’à 70 ans après son décès, comme pour tous les créateurs, toi incluse)
    Ils ne sont pas fous, Facebook.

    Maintenant, c’est le cas particulier de Facebook et quelques autres. Tu ferais un blog, ou un site, ou une base de donnée image, ce débat n’aurait même pas lieu: c’est ton choix d’employer Facebook et de leur abandonner tes droits. Ce n’est pas eux qui sont venus te piquer tes photos, c’est toi que a choisi de leur laisser cette possibilité.

    Par contre, là ou Facebook n’aurait aucun moyen de te piquer tes droits, ce serait d’héberger tes photos sur ton espace, et de mettre un lien sur facebook, genre “cliquez ici pour voir la photo de mon petit dernier”: tu n’aurais pas mis d’image sur facebook, et leur soit-disant droit d’exploitation serait nul et non avenu.

    Ceci pour le droit d’auteur.
    Demain, je te fais un petit topo sur le droit à l’image.
    Bonne soirée

    Tamara

    #969411
    Dziriyatnaute

    Ludmila_p

    Comme promis, voici quelques notions de droit à l’image: cela en intéressera certaines, quant on voit des posts ici même “je ne veux pas qu’on me photographie lors de mon mariage”.

    Le principe de base est le suivant: on peut TOUT photographier. Ce qu’on ne peut pas faire, c’est tout PUBLIER: le droit à l’image ne s’exerce qu’à la publication.
    Un exemple: vous vous promenez dans la rue, quelqu’un fait une photo de vous: il est parfaitement dans son droit – il n’est pas question de lui demander d’effacer l’image (en digital) ou de détruire le film (en argentique).
    Par contre, il publierait cette photo sur n’importe quel support, internet, revue, affiche… etc; vous êtes en droit d’intenter un procès et de demander:
    – la suppression de l’image quant c’est possible
    – des dommages et intérêts pour utilisation abusive de votre image.

    SAUF:
    – Si vous n’êtes pas le sujet principal (c’est une vue globale de la rue, c’est un portrait de vous, mais dans un groupe, ce qui implique de fait que vous n’êtes pas le sujet).
    – Si l’autorisation de publier est impossible, ou aurait dénaturé une photo digne d’intérêt ( vous êtes de l’autre côté d’une rivière, la photo a un sens, et le photographe ne peut pas aller vous trouver pour faire signer une autorisation)
    – Si la photographie est considérée comme informative (actualité etc) ou une oeuvre d’art.

    – On ne peut pas photographier dans un lieu privé (sauf autorisation du propriétaire et/ou du locataire)
    – On ne peut pas photographier dans un lieu privé d’accès public SI c’est clairement indiqué (pictogramme, indication à l’entrée, etc).
    Un lieu privé d’accès public: le métro, un musée…etc

    – On ne peut pas publier ( mais on peut photographier) une photo si la personne est mineure et qu’on ne dispose pas de l’autorisation du/des tuteurs: (parents, par exemple)
    – on ne peut pas publier sans son consentement l’image d’une personne en situation qui porterait préjudice à son intégrité (mendiant, accidenté, personne dans une position ridicule ou particulière qui porterait atteinte à son image).

    Dans ce dernier cas (et dans tous les autres), il faut faire attention quant au contexte dans lequel l’image sera publiée: si on fait par exemple la photo d’une jeune fille mince et couverte d’acné. Pas de souci, vous avez l’autorisation de photographier et de publier. Mais vous vendez l’image, et sans que vous soyez responsable, l’image de cette jeune fille se retrouve dans une campagne contre le Sida, votre éditeur et vous, vous êtes morts juridiquement parlant: ce n’est donc pas QUE l’image qui est concernée par le droit à l’image, le cadre d’utilisation aussi.

    Donc prenons le cas d’une mariée qui ne veut pas se faire photographier:
    – Elle peut l’interdire dans la salle louée pour l’occasion
    – Elle ne peut pas l’interdire – et elles est obligé de laisser faire dans la rue ou dans un parc (quant elle sort de la voiture, quant elle pose en décor pour faire son album de mariage).
    Par contre, elle pourrait procéder si le photographe publie sans autorisation, et si la photographie n’entre pas dans le cadre des normes précédentes: elle est dans un groupe, elle est photographiée de loin (c’est le paysage qui prend le plus d’importance, etc). Et quant on parle de publier , je veux dire “hors du cercle familial”: un amateur fait une photo de la mariée et la met dans son album photo qui ne sera montré qu’à des proches, il a le droit)

    Dans le cas d’un enfant, le principe est le même (un groupe d’enfants qui courent dans la rue, pas de souci. Un portrait du bambin seul sur l’image, par contre, ça peut donner lieu à poursuites SI C’EST PUBLIE.

    Ceci dit, les juges sont plus sévères concernant les enfants, les photos à but commercial, les photographies violant l’intimité (lieu privé).

    Par contre, dire “c’est horrible de publier les photos d’enfants”, il faut arrêter cette psychose: N,n votre enfant ne vaut pas plus et n’est pas plus remarquable que les milliards d’autres. Il n’a rien d’exceptionnel. Une photo de lui n’est pas un crime de lèse majesté. Ni plus dangereux que de promener avec lui sur la rue. Auquel cas, il faudrait lui recouvrir la tête d’un sac poubelle avec 2 trous pour les yeux “des fois qu’un pédophile”… car ils sont autant dans la rue que sur internet, hein!

    Maintenant, chaque cas est un cas d’espèce, et tout dépend de l’opinion d’un juge lors d’un procès (on peut toujours faire appel). Les règles succinctes que je vous soumets concernent l’Europe et plus particulièrement la France et la Belgique: les anglo-saxons, par exemple, s’appuient sur d’autres types de législations).
    Comme je disais, les juristes sont très prudents concernant le droit d’auteur, et encore bien plus concernant le droit à l’image. Il y a souvent aussi des soucis car ni la police, ni les magistrats très souvent, ne connaissent bien ces lois particulières.

    D’autre part, il faut raison garder: si une image que vous trouvez inacceptable apparaît sur un site chilien ou russe par exemple, bien sur vous pouvez intenter un procès. Mais vu les difficultés et les frais, je vous souhaite bon courage!
    D’un autre côté, il y a quelques années, un procès en droit d’auteur m’a tout de même rapporté plus de 15000€. Il faut y réfléchir!

    Tamara
    Qui reste à disposition pour tout renseignement complémentaire. 🙂

    #969417
    Dziriyatnaute

    Lylou

    @ludmila_p, je ne suis effectivement pas juriste mais me suis pas mal renseignée auprès de juristes Algériens. Tu connais certainement le droit européen mais permets-moi de te rappeler que l’Algérie n’est pas soumise à cette même réglementation. Je vis en Algérie, ce qui m’importe donc c’est de connaître mes droits dans le pays où je vis et non ailleurs.

    J’ignore si cela est intentionnel ou bien dû à une déformation professionnelle (étant donné que tu es juriste), mais tes interventions dans ce sujet ne se focalisent que sur l’aspect juridique, et non moral et éthique. J’avais pourtant bien précisé qu’il s’agissait avant tout du respect de la vie privée de l’enfant étant donné qu’il n’est pas en mesure de décider de lui même de ce que ses parents (ou proches) peuvent publier le concernent.

    Pour te citer : “on ne peut pas publier sans son consentement l’image d’une personne en situation qui porterait préjudice à son intégrité (mendiant, accidenté, personne dans une position ridicule ou particulière qui porterait atteinte à son image).”

    Une photo ou vidéo d’un enfant sous la douche ou prenant son bain ne peut-elle pas porter atteinte à son image (moqueries et railleries notamment) une fois adulte ? Pour avoir déjà vu ce genre d’image publié, j’estime que les parents (ou proches) doivent se soucier davantage des photos de leurs enfants car ils ne sont pas une propriété privée même s’ils sont sous leur tutelle.
    Une vigilance est donc de mise et des exemples comme ça, il y en a à la pelle malheureusement. En gros, éviter de publier si la personne concernée ne peut donner son approbation. C’est aussi simple que cela.

    Je reste étonnée de voir que la nécessité de respecter la vie privée des enfants relève pour certains de la psychose, alors que cela est tout à fait normal lorsqu’il s’agit d’adultes !

    Tu dis que les administrateurs de Facebook ne sont pas fous. Nous sommes bien d’accord là dessus, ils sont plutôt très malins, car les utilisateurs de ces applications n’ont pas tous conscience de ce qu’ils cèdent en publiant leurs photos. La majorité accepte les conditions d’utilisation sans même les avoir lu.

    Au vu de tes écrits, je pense que tu n’as pas bien saisi le sens de mon intervention. Les risques cités (reproduction et détournement) ne sont que secondaires bien que réels. L’objet premier de ce topic était de prendre conscience des devoirs qu’ont les adultes envers les enfants, en l’occurrence respect de leur vie privée en évitant de les exiber. Cela n’a absolument rien à voir avec le fait de vouloir cacher son enfant comme tu l’insinus, car chaque enfant a une vie sociale, il va à l’école, a des activités culturelles ou sportives, il n’est donc pas coupé du monde extérieur. Là n’est donc pas la question.

    Merci tout de même pour les informations partagées quant au droit d’auteur et à l’image en Europe. Cela pourrait en effet être utile à certains.

    #969452
    Dziriyatnaute

    Ludmila_p

    Oh, je ne suis pas juriste non plus! Mais dans le cadre de mes activités, c’est un domaine que je dois maîtriser.

    J’ai été jeter un coup d’œil sur les lois algériennes: je n’ai pas trouvé grand chose sur le droit à l’image, mais concernant le droit d’auteur, c’est très similaire et basé sur la convention de Berne de 1976, avec quelques modifs ultérieures (a quelques détails près: les droits restent acquits aux héritiers 50 ans après la mort en Algérie, 70 ans en Europe par exemple. Le peu de données concernant le droit à l’image ressemblent à la loi française (convention de 2006 si je me souviens bien).

    Et cette loi est un pur délire: elle empêche de photographier les biens meubles et immeubles pour l’étrange raison que ces droits appartiennent à leur propriétaire: Par exemple, si on suit cette loi, le propriétaire d’une maison, d’un meuble, d’un terrain, d’un chien – bref de n’importe quoi – pourrait réclamer des “droits à l’image” concernant ces objets. En clair: c’est interdit de photographier n’importe quoi. C’est la fin de la photographie. Cette loi est invraisemblable et ridicule. Et bien sur, attaquée de toutes parts, elle est devenue obsolète ( les jugements de la cour européenne de justice l’ont mise à mal, et font jurisprudence)

    Maintenant, l’Algérie ne faisant pas partie de l’Europe, il est possible qu’elle n’ait pas été abrogée, mais elle tellement irrationnelle que je ne suis pas sure qu’elle tienne vraiment la route devant un tribunal ( qui ferait aussi jurisprudence en ne l’appliquant pas). Mais là, je n’ai pas trouvé de données à ce propos.

    Maintenant, concernant le côté moral: je ne vois pas ou est l’immoralité de photographier un bébé ou un jeune enfant dans sa douche, son bain, ou sur la plage. C’est un chouette souvenir… pour ceux qui trouvent ça attendrissant s’entend. En général les parents et grands parents. Les autres diront “oh il est trognon” mais s’en fichent totalement en général, et attendent impatiemment qu’on range l’album de bébé pour passer à autre chose 🙂

    Reste le souci internet (ou plutôt facebook et réseaux sociaux).
    Mr et Madame Dupont font une photo de bébé tout nu dans son bain et le partagent (a la plus grande joie -ou au plus grand ennui – des gens qui les suivent et qui sont quoi…20? 50? C’est en général assez limité).

    Alors, 10 ans plus tard, (ou 12, ou 15) la fille Dupont est en âge de comprendre qu’elle a été publiée toute nue dans l’espace facebook. Quelle sera sa réaction?

    Elle s’en fiche grave:
    – d’abord parce qu’elle ne se ressent pas comme ayant été ce bébé, ce n’est pas elle, enfin si, mais elle en est tellement éloignée que c’est un objet étranger.
    – Ses copines pourraient se moquer d’elle : tu as déjà vu des ados aller sur l’espace des parents d’une copine? Elles s’intéressent a leurs espaces facebook d’ados, pas à celui des vieux des copines, dont elles n’ont d’ailleurs pas l’accès, et qui sont à des milliards d’année de leurs intérêts.
    – Google a trouvé et référencé la photo de la petite Dupont. Il y a peu de chance que la photo soit taguée ou nommée “Amelie Dupont”: ce sera plutôt “mon petit namour trognon dans sa baignoire trop choupi” (en general, les mères perdent la moitié de leurs neurones lors de la perte des eaux, quant on lit ça, c’est une évidence :-))Bref, une photo anonyme.
    – Cette photo a été prise il y a 10 ans, parmi des dizaines de milliard d’autres, et n’a strictement aucune chance d’apparaître dans les 100.000 premières proposées Google. Bref, dans les faits, elle n’existe pratiquement plus. Une sorte d’ectoplasme électronique. Quant on pense à tout ce qu’on doit faire quant on veut augmenter son ranking sur Google, personne ne doute de ça!
    Que veux tu qu’Amelie Dupont trouve à redire? C’est navrant pour les mères pour qui ce bébé est le centre du monde: elle s’en fout voire s’en tape grave, de vos histoires de vieux qui datent de 14-18!

    Hé oui!
    Tamara

    #969453
    Dziriyatnaute

    Lylou

    “Maintenant, concernant le côté moral: je ne vois pas ou est l’immoralité de photographier un bébé ou un jeune enfant dans sa douche, son bain, ou sur la plage.”

    Je confirme à nouveau que tu ne comprends pas (ou ne veut pas comprendre) mes interventions 😀. En aucun cas je n’ai signalé que c’était immoral de photographier un bébé nu dans son bain, on a tous une photo de ce genre chez soi. Le souci réside dans sa publication et mise en circulation sur le net voyons.

    Pour ce qui est de tes scénaris temporels, un enfant de 6 ans peut très bien subir les moqueries (voire harcèlement) de ses camarades suite à une publication d’une photo récente qu’il n’assume pas !! Ta logique des “10 ans après” est un peu caricaturale…

    Tu écris par la suite ce qui suit :
    “Cette photo a été prise il y a 10 ans, parmi des dizaines de milliard d’autres, et n’a strictement aucune chance d’apparaître dans les 100.000 premières proposées Google. Bref, dans les faits, elle n’existe pratiquement plus.”

    As-tu entendu parler des logiciels de reconnaissance faciale ?! Pour les avoir testé sur mes photos personnelles, je peux te dire que cela marche à merveille. Un logiciel a pu me sortir une photo de moi (dans mes archives électroniques) datée de plus de 30 ans avec une simple photo de moi aujourd’hui !

    Je t’invite à consulter quelques témoignages de parents ayant reçus les représailles de leurs enfants suite au non respect de leurs vies privées. Tout se banalise avec le recours irréfléchi aux réseaux sociaux en oubliant malheureusement les principales bases du respect de l’autre (adulte et enfants).

    Il y a un slogan que la Gendarmerie nationale fait circuler ” Préservez vos enfants”, et ce suite aux différents cas de détournement de photos de mineurs auxquels ils ont eu affaire.

    “A partir du moment où une image est mise en ligne, elle ne vous appartient plus, elle vous échappe.” fait remarquer un chargé des réseaux sociaux pour la Gendarmerie Nationale en France.

    Un récent article de France info précise qu’un mineur n’a aucun droit sur son image. Jusqu’à la majorité de l’enfant, ces droits sont aux parents.

    Que chacun soit libre de publier ses propres photos, mais pas celles de ses enfants (petits-enfants, neveux, …). Soyons moins égoïstes et plus responsables et respectueux envers les petits, ça ne fera de mal à personne de restraindre l’accès aux photos des enfants aux seuls proches !

    Une éducation des internautes est à présent nécessaire. Tout le monde a sûrement encore en tête cet homme algérien qui a suspendu un nourrisson par la fenêtre et publié sa photo rien que pour obtenir des likes sur Facebook !!! Les dérives du net ne sont qu’à leurs débuts face à l’élargissement de son accès à tous. Essayons de regarder un peu plus loin que le bout de notre nez en ayant conscience de tous les risques que cela peut entraîner…

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