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Hiziya et Sayed : Une romance algérienne

hiziya_sayedaL’histoire de Roméo et Juliette est devenue universelle, celle d’Antar et Abla a marqué la littérature arabe. Quand l’amour et la passion se mêlent à la poésie, aux destinées tragiques, cela ne peut que donner des histoires immortelles, des mythes qui se racontent au fil des siècles. Très peu connaissent pourtant l’histoire de Hiziya et Sayed. Une Romance bédouine de l’Algérie des années dix-huit cents, une histoire vraie devenue une ode à l’amour éternel.

Hiziya Bent Ahmeb Bel el Bey a vécu dans le sud-est de l’Algérie, dans un village du nom de Sidi Khaled. Fille d’un puissant notable de sa tribu Douaouda, elle tomba amoureuse de son cousin orphelin Sayed, élevé par son propre père. Sayed était un prestigieux cavalier qui avait tout pour plaire. “Lorsqu’elle marchait, droit devant elle, [..] elle était admirée de tous.”

L’amour que se portait mutuellement les deux amants était intense et sans limite. La beauté de Hiziya marquait les esprits, faisait fondre les cœurs. Une jeune fille sublime, si belle que les prétendants ne cessaient de défiler et de proposer des dots plus élevées les unes que les autres, mais son cœur était pris par Sayed.

La légende raconte qu’elle vivait cet amour secret en cachette de sa famille. Elle se maria avec Sayed, mais peu de temps après, il parti combattre et lorsqu’il revint, elle l’attendait vêtue d’un barnouss. La voyant de loin, il l’a confondu avec un ennemi et il l’a tua. Ne se remettant jamais de cet acte, il sombra dans le chagrin, pleurant Hiziya à tout jamais.

Une autre version raconte, que Sayed et Hiziya préparaient leur mariage grandiose, la cérémonie battait son plein, fantasia, et cortège nuptial sublime. Sayed attendait sa dulcinée qui devait arriver avec sa famille et le trousseau merveilleux que lui avait préparé son père. Sur le trajet qui devait la mener à son époux, un caïd, qu’elle avait refusé d’épouser, et sa troupe arrivèrent, et le combat se déclencha. Hiziya mourût en plein désert, toutes les personnes qui l’accompagnaient périrent. Le trousseau fut pillé. Le cheval de Sayed, surnommé Lazreg, s’enfuit du cortège, il était très aimé par Hiziya. Il arriva au douar ou attendait impatiemment Sayed sa mariée, s’écroula devant son maitre et pleura. Sayed compris qu’un malheur s’était produit, il hurla le nom de Hiziya. En arrivant devant le corps de sa bien-aimée, Sayed s’effondra et il lui écrivit le plus beau des poèmes, commençant par :

“Amis, consolez-moi; je viens de perdre la
Reine des belles. Elle repose sous terre.
Un feu ardent brûle en moi !
Ma souffrance est extrême. Mon coeur s’en
est allé, avec la svelte Hiziya.” [..] “Que la vie avait pour nous de douceurs !
telle une ombre, la jeune gazelle a disparu, en dépit de moi !”

Cette histoire tragique a fait naitre un merveilleux poème lyrique en 1878. Cette poésie est devenue une très belle chanson de tradition bédouine composée par Ould Seghir et chantée par de grands noms de la chanson algérienne : Ben Guitoun, Abdel Hamid Ababsa, Ahmed Khelifi et Rabah Deriassa.

Une histoire, une tragédie, une romance, une destinée… Écrite et chantée au nom de Hiziya la svelte, la bédouine aux grands yeux noirs, élancée et droite comme un palmier.

Notre Juliette algérienne revit à chacun de ces vers.

Ibtissem Aouam

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