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Éducation

Je culpabilise à l’idée de ne pas passer assez de temps avec mes enfants

Parce qu’elles ont des vies professionnelles très intenses, certaines femmes culpabilisent de devoir laisser leurs enfants pour ne les retrouver qu’en fin de journée. Dziriya.net lève le voile sur la culpabilité lié à ce phénomène et donne les clés pour aller travailler en toute sérénité.

Pendant neuf mois, elles ont porté leur jolie tête brune. Elles ne faisaient qu’un avec ce petit être et partout où elles se rendaient, au travail, au marché, à leur rendez-vous chez le médecin , leur bébé les accompagnait… Cependant, quelques mois après l’arrivée de bébé, il faut déjà songer à le quitter. C’est souvent l’âme en peine, que certaines femmes reprennent le chemin du travail. Les appréhensions de la reprise se mêlent à la crainte de la séparation.

« Avant même d’accoucher, les femmes doivent se préparer psychologiquement à cette coupure avec bébé. C’est un moment que la plupart repoussent mais qui est inévitable. Il faut donc être armée avant d’affronter le grand jour », indique Malika Belaroussi-Belkacem.

De nos jours, bien qu’émancipées, les femmes se sentent souvent partagées entre leur rôle d’éducatrice et la carrière professionnelle dans laquelle elles s’étaient lancées. Le désinvestissement des hommes et leur capacité à tout reléguer à la femme, contribuent à faire naître cette sensation de tiraillement. Le sentiment de passer le plus clair de son temps, au travail, devant les fourneaux ou encore en pleines corvées hante donc bien des femmes et les accable de culpabilité. Mais comment se délester de ce sentiment trop envahissant ?

« Déjà commencer à agir sur les idées reçues, sur les modes de pensée populaires, sur les principes reçus tout au long de son éducation, permettra de vaincre sa culpabilité », note la psychologue.


Tenter de se relativiser

Nous avons toutes inscrits, dans nos inconscients collectifs qu’être une bonne maman, c’est être maman à plein temps.

« Il est donc important de ne pas laisser le stress prendre le dessus et de profiter de chaque instant avec les enfants notamment ceux qui sont en bas âges. Ils ont besoin de beaucoup d’attention mais aussi davantage de leur maman.», signale la psychologue.

Relativiser et se rassurer en laissant les angoisses de côté ce n’est pas simple surtout lorsqu’il s’agit de laisser bébé après un congé maternité de trois mois.

« Je n’ai pas réussi à surmonter ma peine et j’ai l’impression qu’elle grandit, de plus en plus. Chaque jour qui passe me rappelle le temps que je ne passe pas avec mon petit bout de 11 mois. C’est une dure épreuve pour moi de devoir le quitter tous les matins pour aller travailler, même si je le laisse à mes parents ou de temps en temps à son père. Lorsque je rentre, il est déjà tard et j’éprouve la sensation de ne pas être une bonne maman ».

Se consoler d’avoir laissé bébé quelques heures entre de bonnes mains, permet d’atténuer ses angoisses. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un enfant s’adapte très vite à l’environnement dans lequel il évolue. Il faut donc apprendre à faire confiance aux personnes qui le garderont quotidiennement, qu’il s’agisse de la famille ou de la nounou.

Passer des moments agréables avec son enfant

Quitter bébé le matin n’est pas facile et ce fait parfois avec le coeur chargé d’émotions. Il faut savoir qu’un bébé qui prendra l’habitude de voir sa maman partir travailler lui permettra de bien grandir, de se forger.

« Un enfant ne souffre pas de l’absence de sa mère, à condition que celle-ci lui accorde tout son temps dès son retour », ajoute Malika Belaroussi-Belkacem.

Il est donc préférable de privilégier l’intensité des moments entre bébé et maman et ce, même sur une courte durée, plutôt que de passer toute sa journée, sans complicité, ni affection. Afin de ne pas troubler bébé, il vaut mieux adopter quelques habitudes le matin, comme se lever sans faire de grands bruits et éviter de quitter la maison d’un pas trop alerte. Mieux vaut sortir dans le calme, avec le sourire tout en bichonnant bébé. Ainsi, il ne souffrira pas du stress cumulé par sa maman, car en effet, il ressent tout et cela risque de l’irriter et de perturber sa journée. Un autre aspect serait à revoir aussi, celui du sens des responsabilités du couple. En effet, aujourd’hui, bien que les papas sont davantage engagés dans la vie familiale, ils ne gèrent cependant pas tous les aspects de la vie d’un jeune enfant. L’idéal serait qu’ils prennent part à toutes les activités autour du bébé, telles que se lever la nuit et lui donner le biberon, l’emmener chez le pédiatre. En dépit de l’aide que cela apporterait à la femme, cette manière de distribuer les tâches serait une bonne façon de faire un pied-de-nez à la culpabilité qui les ronge.

Question à Malika Belaroussi-Belkacem, psychologue :
Culpabiliser de ne pas passer assez de temps avec ses enfants a-t-il des conséquences sur la santé, le travail… ?

« La culpabilité peut se transformer en peine profonde et certaines femmes, stressées éprouvent non seulement, du mal à aller travailler, mais ne sont pas ou peu productives. Elles pensent sans arrêt à leurs enfants, qu’elles ne voient que quelques heures dans la journée. Au niveau de la santé, on ne le répétera jamais assez, le stress génère de nombreux problèmes psychosomatiques, tels que les migraines, la fatigue, le mal de dos, les insomnies. Je préconise vivement à celles qui ne supportent plus cette situation, d’aménager, dans la mesure du possible, leur temps de travail, par un mi-temps par exemple ou tout simplement demander un congé afin de s’occuper davantage de son bébé. J’ai parfois vu des mamans revoir leur carrière et se réorienter dans un autre domaine professionnel. C’est notamment, le cas lorsqu’elles ont des places importantes dans la société ».

 

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