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Psycho

Je me vexe pour un oui, ou pour un non

Exagération, mauvaise interprétation des propos de l’entourage, difficulté à accepter les critiques… Blessées dans leur amour-propre, certaines personnes se révèlent être trop susceptibles. Décryptage et conseils pour se délester de son hypersensibilité.

La susceptibilité traduit une hypersensibilité très forte. Selon les psychologues, être susceptible c’est soit avoir une piètre estime de soi, ou au contraire se penser supérieur aux autres et ne pas tolérer la moindre remarque de leur part, ou encore être une personne qui a des prédominances à croire qu’elle est sujette aux injustices et brimades. Quels que soient leurs traits de caractères, tous ont en commun la particularité de souffrir de cette hypersensibilité.

Une interprétation de la réalité, parfois erronée

L’hypersensible est souvent blessé dans son amour-propre. En effet, il a une tendance à chercher la moindre faille dans les gestes et propos de son entourage, à cause notamment de son manque de confiance en lui. « Une seule remarque sur ma manière de me vêtir ou de me comporter, peut m’anéantir. Je veille toujours à être impeccable et je ne supporte pas que quelqu’un vienne me dire le contraire. Je ne juge pas les autres et j’aimerais qu’on en fasse de même pour moi », affirme Nesrine 28 ans. Prendre les choses trop à cœur ou encore jouer de l’autodérision ne semble pas être dans la capacité de personnes susceptibles, bien au contraire.

L’isolement comme seul recours

Cette tendance à interpréter les choses de manière négative pousse certaines personnes à tirer un trait sur leur vie sociale, familiale et parfois, même sentimentale…
Souvent, elles manifestent de la peur envers leur entourage, elles craignent son jugement et refusent donc d’être sujettes à une quelconque remarque même des plus anodines. Au sentiment de ne pas être acceptées, s’ajoute le désir de se détacher davantage des autres. « J’évite généralement les personnes dont je n’accepte pas les critiques. Je préfère me faire toute petite, afin de ne pas leur prêter d’attention et minimiser les risques d’être encore sujette à leurs remarques. Certains dires qui datent de quelques années pourtant, me hantent encore. J’en pleure même par moments… », explique Nora, 34 ans. Les personnes hypersensibles peuvent aussi susciter, parfois, la crainte de leur entourage. En effet, certaines ne peuvent contenir leurs émotions et se laissent aller à leur impulsivité. Toujours sur la défensive, leur agressivité empêche les échanges constructifs avec leur entourage.

Question à Malika Belaroussi-Belkacem, psychologue.
Comment venir à bout de l’hypersensibilité ?
« Avant tout il faut apprendre à canaliser ses émotions et surtout communiquer avec les autres. Si une remarque n’est pas tolérée, ne pas craindre d’en parler, plutôt que de laisser macérer ses idées et d’entretenir des sentiments de gêne, voire de haine envers cette ou ces personnes. Attention, qui parle de dialogue, sous-entend bien sûr, de garder son calme et d’adopter un language correct pour exprimer son désaccord. Il est préférable de ne pas s’arrêter à son propre ressenti et demander à l’autre ce qu’il a souhaité dire, tout simplement. Je conseille aussi à l’entourage de la personne dite « susceptible » d’aller vers elle, car son isolement traduit son mal-être. Lui tendre la main et l’amener à expliquer ce qui ne va pas, la mettra davantage en confiance. L’ignorer accentuerait plus son sentiment de rejet. Plaisanter avec cette personne permettrait de lui expliquer qu’on peut rire de tout, ou presque, mais surout de soi-même. Il ne faut pas hésiter à se prendre en exemple. Par ailleurs, si l’hypersensible ne constate pas de résultat positif, il vaudrait mieux aller consulter un psychologue qui amènera le sujet à découvrir ce qui le met dans cet état».

05/12/14
Par Darine Habchi
Crédit photo : TristanBM – Fotolia

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