Psycho

Je viens continuellement en aide aux autres

venir en aide aux autres

Faire preuve d’altruisme et être toujours plein de bonnes intentions envers son entourage, c’est tout à fait respectable, mais à condition de ne pas plonger dans les excès. A trop haute fréquence aider son prochain peut devenir usant et entraver sur sa propre vie. Mettre des limites devient alors primordial, afin de ne pas crouler sous les problèmes des autres.

Nous sommes tous prédisposés à faire du bien autour de nous. Aider son prochain, cette valeur nous a été transmise dès l’enfance. Cependant, certaines personnes assistent en permanence des membres de leur entourage familial ou encore amical. Toujours prêtes à rendre service, avenantes, elles ne peuvent s’en empêcher. Un peu comme si le bonheur des autres leur procurait de la satisfaction. Oui, mais à quel prix ? Au point de mettre de côté leurs aspirations, leur propre existence.

La difficulté de dire non

Être altruiste, cette tendance à s’occuper des autres plutôt que de soi émane bien souvent de la difficulté de ne pas savoir refuser une demande, un service… Faire du bien autour de soi, est une bonne chose, mais à condition de ne pas aller au-delà de ses limites. En effet, de nombreux psychologues expliquent la difficulté de dire non, par une sous-estime de soi. Pour certains, les autres sont toujours mieux. D’ailleurs, ils nourrissent parfois le sentiment d’être « utilisés », par ces autres, notamment, lorsque ceux-ci ne manifestent pas vraiment de gratitude, en retour. C’est le cas de Fatima, 33 ans, qui ne cesse de ressentir un sentiment de frustration, si pesant ainsi que de la colère envers ces personnes qu’elle qualifie d’ingrates.

«Je ne peux m’empêcher de faire preuve de générosité à l’égard des gens qui m’entourent, mais aussi au-delà. J’ai sans cesse besoin de venir au secours des personnes traversant des difficultés dans leur vie. Malheureusement, une fois qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent, conseils, argent ou autres, je n’ai plus de nouvelles. D’ailleurs, lorsque j’ai besoin à mon tour, d’aide, je ne trouve en échos que l’indifférence», s’indigne la jeune femme.

Voler au secours d’une personne n’est pas sans contrainte et les déceptions sont parfois au rendez-vous, surtout lorsqu’il s’agit d’aider quelqu’un qui profite de cette bonté.

Un fort désir de se rendre utile

Une personne dévouée éprouve du mal à ne pas laisser sa générosité naturelle prendre le dessus. Elle ressent d’ailleurs parfois un fort besoin de reconnaissance et souhaite ne montrer que le meilleur d’elle-même.

«J’apprécie rendre service et je n’aime pas voir les gens dans la difficulté autour de moi. J’ai reçu une éducation de partage, de soucis de l’autre et lire la déception dans le regard me gêne, donc, j’essaie au maximum d’apporter mon aide à ceux qui en ont besoin», affirme Meriem, 28 ans.

En acceptant de rendre service à tous ceux qui se présentent à elle, une personne attentive aux autres risque de renvoyer une image négative d’elle-même. Aider quelqu’un au travail, par exemple, est tout à fait honorable, mais, courir à son secours à chaque instant peut amener à être dévalorisé. En effet, vouloir soutenir quelqu’un constamment, peut engendrer chez l’un un sentiment de doute sur le réel désir de l’autre, à apporter son aide. Plutôt que de passer pour une personne en qui la confiance ne peut être placée ou encore pour quelqu’un qui n’a pas de personnalité, il vaut mieux s’entraîner à refuser certaines sollicitations de l’entourage. Ce n’est sûrement pas une mince affaire, mais comme on dit si bien, mieux vaut réfléchir avant d’agir, que regretter après avoir agi. Il n’ y a rien de pire que de donner une réponse trop spontanée et de se sentir agir sous la pression.

Darine Habchi
Journaliste spécialisée en presse féminine, j'aime découvrir et continuer d'apprendre sur l'être humain. Ma passion est de partager avec vous des sujets de sociétés parfois difficiles et tabous. Je vous souhaite une bonne lecture sur le site.

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