Chroniques

La Journée des Mousstachèttes !

Salam Alikoum ya lahbab,

J’espère que ça roule et que mes lectrices chéries se portent comme des roses printanières.

Il y a quelques jours c’était le 8 mars, oui la journée de la Femme, toussa toussa, cheb Yazid, la coupole, les roses rouges, journée chômée-payée, se dandiner sur la voie publique en gloussant et marcher tête haute comme une sultane des temps modernes sous les ” bonne fête mazmozelle” de nos compatriotes moustachus, exceptionnellement galant, en ce jour particulier. Elle est po belle la life ?

Un peu de retard, mais la journée de la femme c’est touuuus les jours, n’est ce pas ? je ne suis ni pour, ni contre. Pour moi c’est une journée d’hommage, de commémoration, ni plus ni moins. Il n’ y a pas de quoi brûler ses soutiens gorge sur les boulevards, ni de quoi faire essorer son Hayek. Le féminisme à outrance n’est pas ma tasse de thé, pardonnez moi mais ma redjla prend le dessus. Et puis on va pas se mentir, chez nous cette journée n’est ni plus ni moins qu’une énième occaz’ pour faire la fiesta et s’acheter des “Diodorants” en promo, que réellement une journée de symbole.

Et puis c’est bien de se remémorer en cette journée symbolique ce qu’on du faire nos aînées pour que nous soyons un peu plus libres aujourd’hui. Eh ! Fi Bladna, il y a encore des inégalités, mais soyons sincères, un bon bout de chemin à tout de même été parcouru. Comment ça tu hausse les sourcils?

Prends note : Nous faisons des études, nous travaillons, nous choisissons nos maris, nous élevons à notre manière nos morveux, et quand on en veut pas on se dope à la pilule contraceptive et on arrête le gingembre dans la chorba qui joue sur la libido du moustachu qui ronfle à coté.

Certaines travaillent avec leur nom de jeune fille, nous gérons des foyers aadl, on conduit comme des merdes hommes et on klaxonne comme des camionneurs, on se maquille à la Haifa et on se fait des tie and dye ! On jure comme Wardia Hamitouche et on distribue nos numéros de téléphone aux passants, on se balade avec les copines à Babez Center et on fait des Selfies fi les Sablettes. On fait chier nos belles mères, et on l’assume sur facebook, on se fait épiler le maillot dans un institut au lieu de chopper des scolioses au Hammam du quartier, on porte des hidjeb fleuries, on porte des maillots dernier cri. On négocie les prix, et on fait des crédits Auto. On ne vit plus sans Mascara, on sait que lui “nous sauvera !” et que “nos talons hauts nous donnent confiance” .

On touche mieux que nos confrères parce qu’on est plus nombreuses à faire des études, et on sait garder notre job (revoir l’affaire Mascara, opération oeil de biche). On claque des millions pour nous marier, on choisi la couleur des dragées et on emmerde les hassadines, en live, le jour J. On entre en transe sur du gnawi, on se déhanche sur du Rihanna et on sort hurler notre joie en défilant lorsque que : One two Three Viva l’algéré ! On est plus footeuse que jamais !

On bouffe du surgelé, on achète nos gâteaux, pas parce qu’on ne sait pas les faire, non ya si ! mais parce qu’on a juste la flemme ! (ou est ma lime à ongles ?) On dit au chéri : “madabik tdjib Pizza maak, j’ai casser mon ongle donc je peux pas cuisiner”. Il rale, il chenef, il menace de te répudier par SMS, de le répeter à ta mère, tes collègues, tes amies Facebook, mais il fini par la ramener sa pizza Woodpecker ! Bla mziytou .. par ce qu’il t’a choisi et tu lui as dit que tu souffre de flemmite aigue, bel arbiya : machi lahka !

On est plus chiantes que jamais, plus exigeantes, plus impulsives, plus responsables, plus féminines, mais plus autoritaires, plus autonomes mais plus dépendantes de nos téléphones, nos clés de voitures, notre teinture Loréal Excellence. Nous le valons bien Merdeuh !

Les temps ont changés .. mais on est toujours là, algériennes jusqu’au bout des ongles. Serviables, traditionnelles, un brin mhiblètte, quelque peu chahorèttes mais chose est sure : Fahlètte !

Bonne fête mes Mousstachèttes par dizaine, centaines, milliers ! L’Algérie est féminine, elle est fière de ses filles, de ses femmes qui l’a porte.

Nous sommes imparfaites mais c’est ce qui fait notre charme, (dkika n’ssegem la chouche!)

A vous toutes,

A nous toutes,

A nos incertitudes, à nos doutes, à nos échecs, à nos réussites, à la vie,

A celles qui sont encore là, dans nos vies,

A celles qui nous ont quitter, et que oublierons jamais,

A nos ainées, à nos filles,

A Salima Labidi, à Chrifa, à Fatiha Berber, à Assia Djebar.. qui nous ont quitter récemment allah yerhamhoum ..

Et A Cheb Yazid qui ne nous oublie jamais.

Filamène!

Bassoum

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