Maquillage

La moitié des produits de cosmétiques sont contrefaits en Algérie

La contrefaçon et l’informel gangrènent le marché des cosmétiques en Algérie au point de mettre en danger la santé des citoyens.

Et pour cause, 9000 substances chimiques sont régulièrement utilisées dans la fabrication des produits de beauté. Cette dangerosité est décuplée quand il s’agit de la contrefaçon.
Fait encore moins rassurant : rien que dans la région d’Alger, on enregistre 1200 importateurs (3555 sur tout le territoire) et 371 producteurs dans le cosmétique. Quant aux produits toxiques ils sont importés par 1940 commerçants et produits par 172 opérateurs locaux. “Sur 500 échantillons analysés par des laboratoires en 2007, 238 sont non conformes aux normes requises, ce qui représente un taux de 48% de produits contrefaits ou périmés”, assène le ministre du Commerce, El Hachemi Djaâboub, lors d’une journée d’étude sur l’utilisation de ces produits.
Les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle qui sont en contact avec les parties superficielles du corps en vue de le protéger, le nettoyer ou de le parfumer, exige un respect sans faille des conditions de production, d’emballage et de stockage. Tout manquement abouti à des conséquences graves pour l’usager.
Ces faits ont été dénoncés par le Dr Ali Belkaid du service dermatologie du CHU Mustapha. Il mettra en garde contre l’utilisation de produits de l’informel à l’image de la crème «Idéal» utilisée contre l’acné et le vieillissement. «Plusieurs patientes se sont présentées à notre service avec des lésions dermiques graves dont certaines ont nécessité l’hospitalisation», prévient-il. Le Dr Belkaid a mis en garde contre les produits inconnus et mal utilisés. Comme il conseillera d’éviter le tatouage au henné très en vogue ces dernières années.

RÉSIDUS DE PESTICIDES : GARE AUX EXCÈS

Autres substances chimiques qui risquent de compromettre la santé de l’homme : les pesticides. Leur utilisation dans l’agriculture ou dans le traitement des eaux risque à forte dose ou à un cumul de porter atteinte à notre santé.
Dr Bousnadji évoquera ce mal invisible dont 72 000 des 18 millions de composants toxiques connues, sont utilisés au quotidien. D’autant que l’historique n’est pas reluisant, fera remarquer l’orateur. Car 95 % de ses produits atterrissent dans nos assiettes et 5% sont inhalés. Dans notre pays, 300 molécules sont autorisées. En 2007, 54 ont été utilisés pour les herbicides, 109 pour les insecticides et 126 comme fongicides.
Afin de débusquer les contrevenants, des brigades mixtes opèrent sur le terrain avec les agents de la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes (DGCERF). Ils sont intervenus 1786 fois en 2007 et enregistré 353 infractions. Comme ils ont saisi 844 pesticides d’une valeur globale de 22 millions DA et procédé à la fermeture de 24 fabriques de pesticides.

Souhila Habib

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