Santé

La progression de la contamination des femmes par le VIH inquiète les spécialistes

La prévalence du VIH-SIDA en Algérie est “peu active à concentrée”, mais la progression de la contamination par le virus touchant la population féminine est très “préoccupante”, selon un constat dressé par les spécialistes au terme d’une journée scientifique, organisée mercredi à l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) à Sidi Fredj.

Réunis à l’initiative de l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF), épidémiologistes, biologistes, hématologues et médecins traitants, sont intervenus, tour à tour, pour souligner que la faible prévalence du VIH-SIDA en Algérie “ne veut pas dire maîtrise de sa progression”, d’autant qu’une évolution “inquiétante” est constatée chez les femmes.

Sur un total de 9203 femmes “enquêtées”, soumises à un dépistage VIH-sida lors d’un test de grossesse, 0,1 % s’est révélée positive, soit 1 femme sur 1000, a affirmé le Pr. Farès, épidémiologiste au Centre hospitalo-universitaire (CHU Mustapha-Pacha, Alger). Ce dépistage a concerné 11 wilayas seulement sur les 48 existantes, souligne la spécialiste qui soulève, par la même, l’inexistence d’enquêtes de comportement ciblant les “groupes à risque” ainsi que l’absence des protocoles standardisés. L’inquiétude de cette spécialiste est partagée par ses confrères présents, notamment par le Pr. Soukhal du CHU de Béni-Messous (Alger) qui n’hésite pas à évoquer une évolution “exponentielle” de la propagation du VIH chez les femmes exposées, d’autant que celles-ci sont plus “vulnérables” comparativement aux hommes et que le virus se transmet directement de la mère infectée à l’enfant à naître, si la femme est enceinte ou au nourrisson si elle allaite.

L’épidémiologiste met ainsi le doigt sur toute la problématique de l’information et de la communication dans les stratégies de prévention, sachant que la période d’incubation du virus peut aller jusqu’à 7 ans, avant l’apparition de la maladie. Le nombre cumulé de séropositifs en Algérie, depuis le premier cas recensé en 1985, est établi à 2175, selon les chiffres avancées par le Pr. Farès. Portant sur les seuls cas déclarés, ce chiffre peut masquer la réalité, estiment les spécialistes qui rappellent que l’on peut être “contaminé et contaminant”, c’est-à-dire un porteur sain du VIH pendant de longues années, sans le savoir. 33 millions de personnes à travers le monde sont séropositives, selon les statistiques de l’ONUSIDA, un organisme créé par les Nations unies pour lutter contre la pandémie du sida qui a emporté en 2007 quelque 2 millions de victimes dont les 3/4 en l’Afrique sub-saharienne.

El moudjahid.com – Janvier 2009

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