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L’art de la Fantasia

Il est des traditions tribales que l’on n’est pas prêt à abandonner sous prétexte de modernité.

La Fantasia en est assurément un exemple. Cet art ancestral consiste en une course de chevaux joliment harnachés, montés par des cavaliers adroits armés de fusils. Leur challenge étant de réussir à aller au plus vite en maîtrisant sa bête, tout en tirant des charges, les baroud, en l’air bien sûr.

Cette pratique relève du patrimoine de la fête algérienne, et généralement du Maghreb, notamment dans les régions du sud, et elle égaye les rassemblements des villageois. Son existence semble remonter au 16ème siècle déjà, et nombreuses sont les familles algériennes qui ont souvenir de mariages, naissances, ou circoncisions qui ont été honorés par une Fantasia.
On connaît la valeur du cheval en Islam, cet art est donc à la fois une valorisation de la virilité masculine tout autant qu’un hommage à cette noble bête.

Quoiqu’en voie d’abandon ces dernières décennies, on voit renaître l’engouement pour cette pratique dans de nombreuses régions d’Algérie, notamment sous l’impulsion des autorités, et du fait de l’intérêt croissant des Algériens, locaux ou immigrés, pour leurs si belles traditions.

Les nombreux festivals qui se déroulent chaque année en Algérie sont l’occasion d’opérer de magnifiques démonstrations pour les passionnés et les curieux, à voir et à en abuser, sans modération.

Najet Azizi-Mehenni

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