Grossesse

Le baby blues, le blues post-accouchement

Doutes, angoisses, baisse et hausse de certaines hormones, qu’il soit d’origine physique ou psychologique, le « baby-blues », touche de nombreuses femmes, juste après l’accouchement. Bien que courte, cette période peut paraître insurmontable et pour éviter que les choses ne se compliquent, mieux vaut être bien entouré.
Par Darine Habchi

Quelque temps après l’accouchement et le plus souvent en suite de couche, bon nombre de femmes passent par une « petite » phase de déprime post-natale, plus communément appelée le « baby-blues ». Si nous ne connaissons pas vraiment les causes, certains spécialistes attribuent ce phénomène à des causes physiologiques comme la baisse brutale du taux d’hormones ou encore, la montée de l’ocytocine, l’hormone qui déclenche non seulement, l’accouchement, mais aussi la montée du lait. A cela s’ajoute la fatigue, les saignements, la transformation du corps…

La femme perd en quelque sorte, ses repères.

« Durant cette période au cours de laquelle la femme se sent triste, elle est traversée par les doutes, la crainte liée à cette nouvelle vie, ses nouvelles responsabilités de maman qu’elle devra endosser tout au long de sa vie », ajoute Stéphanie Adjémian psychologue. En effet, même si le bébé a longtemps été attendu, et l’euphorie de pouvoir enfin le tenir dans ses bras prime sur le reste, il est peu fréquent que les jeunes femmes n’y échappent. « Le baby-blues » peut plus ou moins être vécu comme une chose très violente et peut trouver son origine dans des facteurs d’ordre psychologique. Certaines femmes n’acceptent pas le fait de ne plus abriter en leur sein cet enfant. Elles peuvent le porter dans leurs bras, mais ne sont pas les seules, puisque le papa, les sages-femmes, les grands-parents, les tontons, les tatas… vont également jouer un rôle dans la vie du nouveau-né. Elles se rendent compte ne pas avoir l’exclusivité dans la vie de leur enfant, comme elles le pensaient. D’autres facteurs peuvent aussi faire déprimer les femmes, par exemple, les conditions de la grossesse, le déroulement de l’accouchement, les relations entretenues avec le papa de l’enfant, avec ses propres parents… » ajoute la psychologue.

Appréhensions et inquiétudes accentuent ce mal-être et peuvent entraîner la jeune maman dans un profond sentiment de culpabilité, elle qui devrait être heureuse, se voit plongée dans une tristesse inexpliquée.

« L’idéal, afin d’aider la jeune femme à déculpabiliser, serait de l’entourer, de la rassurer, de lui expliquer qu’il n’est pas possible de tout réussir dès les premiers essais et quelques échecs ne feront pas d’elle, une mauvaise mère pour autant », indique Stéphanie Adjémian.

Heureusement ce « coup de blues » ne dure jamais bien longtemps, en général seulement quelques jours. Cependant, il faut veiller à ce qu’il ne perdure pas, ce qui pourrait aggraver la situation, d’où l’intérêt de discuter avec son mari par exemple, ou encore d’échanger avec des femmes ayant déjà eu des enfants.

Dounia, 33 ans « mes angoisses survenaient surtout la nuit »

« Mon accouchement ne s’était pas très bien déroulé, je n’étais pas en mesure de pouvoir profiter de la naissance de mon bébé, jusqu’à ce que mon état ne s’améliore, à savoir le lendemain. Mon fils a deux ans aujourd’hui, mais je culpabilise encore de ne pas avoir pu le porter dans mes bras longtemps. J’avais perdu énormément de sang après l’accouchement et j’étais très fiévreuse. Les médecins soupçonnaient une infection et par précaution, ils ne souhaitaient pas que je sois trop proche de mon enfant. Dans mon état, je ne pouvais d’ailleurs, pas m’en occuper. Heureusement, que son papa était là. Je me souviens que le troisième jour, celui de mon départ de la maternité, je devais encore avoir une transfusion de fer avant de pouvoir partir. L’infirmière tardait à arriver et je me suis mise à pleurer. J’étais en colère, je ne comprenais pas pourquoi elle n’arrivait pas. M’ayant entendu hurler, une sage-femme est venue voir ce qui se passait. Avec beaucoup de patience, elle m’a expliqué que ma mauvaise humeur était sûrement due à la baisse du taux d’hormones. Je ne savais pas trop ce qu’elle voulait dire. Une fois arrivée chez mes parents, où je devais passer quelques jours afin de me reposer, je me suis sentie en sécurité avec mon enfant. Mes angoisses survenaient surtout la nuit, lorsque mon bébé se réveillait en larmes et que je n’arrivais pas à le calmer. Je pleurais avec lui et n’osais pas réveiller ma mère pour m’aider à comprendre ce qu’il avait. Je craignais aussi le fait de ne pas pouvoir y arriver seule et me demandais comment j’allais bien pouvoir faire une fois, à la maison et ce, même si mon mari serait là ».


Ismahane 38 ans, « j’avais peur de cet enfant »


« Cela peut paraître fou de dire cela, mais la première fois que j’ai regardé ma petite fille, je l’ai craint. Par la suite, j’ai compris que c’était plus l’inconnu dont j’avais peur. Cette nouvelle vie de maman que j’espérais tant devenir, mais dont je ne connaissais pas toutes les facettes, mis à part ce que j’avais lu dans des livres. La pratique me faisait peur. Lorsque je la portais, je me demandais si je ne lui faisais pas mal, si elle se sentait bien dans mes bras… J’angoissais à l’idée d’être une mauvaise maman. Je pleurais sans arrêt, dès que mon mari retournait à la maison. Ensuite, je l’appelais pour lui dire que je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Il tentait de me rassurer sans vraiment y parvenir. J’avais entendu parler du « baby-blues », mais une fois là, c’est un état qui est bien trop envahissant pour tenter d’y échapper. Dieu merci, ce sentiment de tristesse et de solitude s’est dissipé au bout de quelques jours. J’ai fait connaissance avec ma fille et apprécié chaque moment passé avec elle. Aujourd’hui, elle a 12 ans et le baby-blues n’est qu’un vague mauvais souvenir ».

Le « baby-blues » est très redouté par de nombreuses futures mamans et même si elles essayent de l’affronter, les émotions sont souvent plus fortes et démesurées.

Par Darine Habchi

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