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Le lac de Réghaïa … là où se mêlent histoire et magie de la nature

Irrésistiblement envoûtant de par sa magie et sa splendeur naturelle, le lac de Réghaïa, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un vivier de trésor naturels mais aussi de vestiges historiques qui le distinguent des autres parcs faisant de lui la destination de charme pour les citoyens qui le prennent d’assaut en quête de repos, de loisirs, d’une bouffée d’oxygène pour fuir, le temps d’un week-end, le brouhaha de la ville.

Située à 30 km à l’est de la capitale, cette étendue d’eau qui occupe une superficie hydrique et terrestre de 1.100 has est le confluent de plusieurs cours d’eau, à l’instar de l’oued de Réghaïa, l’oued d’El-Biar et autres sources.

Le lac de Réghaïa est en fait le dernier vestige à avoir survécu de l’ancienne zone humide de la Mitidja et qui recèle jusqu’à ce jour des richesses naturelles qui se sont amenuisé dans cette région dont des pans entiers ont été asséchés par les colons français pour les transformer en terres agricoles.

Outre sa biodiversité, c’est aux quelque 203 espèces d’oiseaux, dont 82 espèces marines et 55 espèces protégées par la législation algérienne, que le lac doit sa magnificence qui draine un nombre incommensurable d’amoureux de mère nature.

L’étendue est également l’hôte de quatre espèces d’oiseaux en voie d’extinction inscrits sur la liste rouge de l’Organisation mondiale de la protection de la nature.

C’est ce qui a amené l’administration du Lac à mettre en place des volières pour élever certaines espèces comme le canard et la perdrix au bonheur des visiteurs.

Autour de ces volières s’agglutines une foule compacte composée de familles dont les chérubins pressent le pas à la découverte de ces animaux insolites, multipliant les questions sur leurs noms, leurs origines, les endroits où ils préfèrent nidifier, autant de questions qui trouvent leurs réponses sur les panneaux placés devant les volières.

D’autres familles préfèrent aller faire un pique-nique sur les berges vertes du cours dans une ambiance bon enfant. Certains profitent, plutôt, le temps de cette virée, de la vue éminemment panoramique qu’offre l’endroit.

Accompagné de ses deux enfants, Hamid dit avoir une prédilection pour cet endroit qui allie tranquillité et féerie d’une part et d’autre part loisirs et délectation, quoi de mieux que ce refuge unique pour oublier un tant soit peu les vicissitudes de la vie quotidienne.

Les gamins aussi y trouvent leur paradis, tant ils y découvrent une panoplie de jeux à la grande satisfaction de leurs géniteurs. “Mes enfants préfèrent ce lac à la plage”, témoigne Dhaouia.

Il n’en demeure pas moins que le site gagnerait à être doté de structures d’accompagnement supplémentaires, notamment pour la restauration, suggère Dhaouia.

Ce ne sont pas seulement les familles algéroises qui tombent sous le charme du lac qui polarise désormais les amoureux de la nature affluant de lointaines contrées, à l’image de la famille Benderouiche venue de Touggourt (Wilaya de Ouargla) pour assouvir sa curiosité de découvrir un jour ce joyau naturel.

“Depuis que j’ai découvert ce lac, j’ai n’ai eu de cesse d’insister auprès de ma famille pour y revenir chaque semaine notamment en fin d’après midi lorsqu’une brise fraîche émane du lac pour donner du baume au coeur”, révèle Ibtissem, une jeune fille de 19 ans “éprise de ce paysage qui n’a rien à envier aux grands parcs que j’ai visités à l’intérieur comme à l’extérieur du pays”.

“Je me rend à ce lac chaque semaine car il me procure apaisement et me libère des contraintes du quotidien. Respirer un air pure et admirer la verdure, quoi de mieux comme remède”, s’émerveille Djamila venue du quartier algérois de Belcourt en compagnie des membres de sa famille.

Tantôt satisfaits de l’accès à titre gracieux au lac, tantôt mécontents du manque à gagner en terme de moyens de transport, sachant que d’aucuns viennent de loin, les visiteurs ont exhorté, dans ce contexte, les autorités concernées d’y remédier pour pouvoir mieux profiter des moments inoubliables passés aux bords du lac sans ce soucier du problème du transport pour renter à la maison.

D’autres déplorent l’exiguïté de l’espace réservé aux promeneurs sans parler des bidonvilles qui dénaturent l’harmonie urbanistique et naturelle du lac.

Dans ce contexte, le directeur du centre de pisciculture du lac de Réghaïa, Abderrahmane Taleb a souligné que le nombre sans cesse croissant des visiteurs pose problème pour le centre “en ce sens qu’il se trouve incapable de gérer le flux des visites, à plus forte raison que l’espace réservé aux visiteurs ne dépasse pas les 5 ha”.

Il a précisé, par ailleurs, que ce lac pourrait devenir “le joyau touristique” de l’est d’Alger si on lui accordait l’intérêt qu’il mérite.

“Outre sa vocation touristique, cette région, estime-t-il, peut être un facteur essentiel dans le développement du patrimoine piscicole”.

A cet égard, le centre oeuvre dans à promouvoir le concept de l’éducation environnementale auprès des écoliers, en impliquant les enseignants, les chercheurs et certaines associations activant dans le domaine de l’environnement, conclut M. Abderrahmane Taleb.

Aps.dz

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