Hijab & abaya

Le pari de Mustafa Karaduman : Le prêt-à-porter pour femme voilée

Mustafa Karaduman

Pour des millions de femmes musulmanes dans le monde, il est très important de porter le voile, surtout pour être conforme aux règles de l’islam qui impose la pudeur. Ces mêmes femmes sont actives et souhaitent avoir des hidjabs aux coupes modernes qui s’adaptent à leurs exigences et à leur temps.

Un homme d’affaires turc a pensé à eux. Parti de rien, Mustafa Karaduman est aujourd’hui à la tête d’un petit empire basé sur la mode islamique. Né en 1957 à Malatiya, dans l’est de la Turquie, il n’a pas poussé ses études au delà de l’école primaire, et a tout de suite commencé à travailler dans un atelier de confection, comme repasseur. Manifestement Mustafa Karaduman devait avoir un certain talent, car il a très vite progressé, travaillant successivement à la coupe, puis comme modéliste, et enfin comme chef d’atelier.
En 1978, il ouvre son premier atelier de confection. A partir de 1992 il se professionnalise, recrutant des stylistes, élaborant une véritable mode, avec la volonté de mettre sur pied une affaire d’envergure internationale.

Aujourd’hui il est à la tête d’une usine de confection dans laquelle travaillent 7 ou 8 stylistes et environ 800 ouvriers, et d’une chaîne de magasins à l’enseigne symbolique: “Tekbir”. On en trouve dans les principales villes de Turquie à population conservatrice, à Istamboul et Ankara, à Konya et Kayseri. Rien qu’à Istambul il y a une vingtaine de magasins “Tekbir”.

Il faut voir la foule des femmes qui se presse dans ces magasins pour essayer le dernier foulard ou une tunique, accueillies par de jeunes vendeuses très accortes, portant toutes un des derniers foulards aux couleurs de saisons sortis des ateliers de Mustafa Karaduman.

Le succès de Mustafa Karaduman tient à son utilisation hardie des couleurs, et aussi à une politique commerciale très agressive: les prix de ses modèles défient toute concurrence: 700 Dinars pour une chemise, 3200 dinars pour une veste, 14000 Dinars pour une tenue de soirée…

Ses boutiques sont toujours bondées, et selon Mustafa Karaduman, environ le tiers de sa clientèle est composé de femmes non voilées qui viennent chercher chez lui des modèles qu’on ne trouve que dans des boutiques très chères.. Elles y trouvent également un modèle d’écharpe signé Tekbir, qui se vendent de 1200à 2000 dinars en satin , et de 4000 à 5500 dinars en soie: il en vend 4.000 modèles par mois en Turquie.

Tekbir distribue également ses produits en Europe, en particulier en Allemagne, où vit une importante communauté immigrée turque. Mustafa Karaduman a des plans très ambitieux pour l’avenir, envisageant de construire une nouvelle usine et de construire un centre commercial où il vendrait également des meubles. Mais la situation économique en Turquie l’oblige à faire preuve d’une certaine prudence et à remettre ces plans à plus tard…

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