Culture

Les bijoux kabyles de Beni Yenni

Les bijoux kabyles sont d’une telle beauté que leur succès dépassent les frontières du pays.

Le bijou kabyle est indissociable des costumes que portent les femmes kabyles. Il joue un rôle essentiel dans la vie sociale féminine. Ces bijoux en argent, finement ciselés, filigranés, rehaussés de pierres de corail proviennent du village de Beni Yenni.

La fabrication restant le plus souvent traditionnelle, les bijoux sont travaillés avec art sur une minuscule enclume qui demande un doigté d’exception.

La particularité des bijoux kabyle est la présence d’émaux de couleurs différentes (bleus, verts, jaunes) qui contrastent avec le rouge vif du cabochon en corail serti. L’émail (pratiquée pour colorer les bijoux) est une poudre qui se compose en général de sable, de minium, de potasse, et de soude finement broyés. La technique de l’émaillage est réalisé en prenant soin de délimiter les parties à teindre en soudant des fils en argent. L’artisan kabyle est un orfèvre, il a une très grande connaissance de son travail allant jusqu’à obtenir de très subtiles variantes de couleurs.

Il existe différents bijoux kabyles typiques qui sont les suivants :

– L’ihelhalen : Signifie les chevillères. Elles peuvent être de grande dimension et se distinguent par une absence de décoration émaillée sur le corps principal de l’objet. Un gros cabochon de corail ceint de boules en argent vient compléter l’ornementation de la chevillère.

– Le ddah ou amesluh est un bracelet plus petit que la chevillère. il est émaillé ou gravé sur plomb.

– Les fibules se fixent sur l’étoffe par un ardillon à l’intérieur duquel coulisse un anneau. Il en existe de nombreux types, tels que les idwiren et les taharaht qui sont de petites tailles. Les tibzimin quant à elles, sont des fibules de grandes tailles et les ibzimen des fibules triangulaires. Le tabzimt, enfin, est la pièce maîtresse de la parure kabyle. C’est une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte sur la poitrine. Cet objet comporte de nombreux filigranes. des émaux, des boules d’argent et une multitude de coraux.

– Le taessaht est un diadème qui est devenu très rare de nos jours. Il était destiné à orner le front. Il présente une décoration faite d’émaux, de gros cabochons de corail ainsi que de boules d’argent.

– Les boucles d’oreille sont de plusieurs types : On retouve les letrak qui sont des boucles d’oreille de type très ancien qui présentent un anneau ovale orné à l’extrémité par des sertissages de corail et d’émaux. Le tigwedmatin est un autre type de boucles d’oreille. Il est composé d’anneaux ornés par du corail aux extrémités, et sont agrémentées de plaques rondes émaillées et pourvues de pendeloques allongées.

Les techniques de fonte et de moulage de l’argent remontent à l’antiquité. Elles étaient courantes dans toute l’Afrique du Nord. La bijouterie de petite Kabylie, proche sur de nombreux points de celle des Aurès, en est l’héritière directe.

La parure complète que doit posséder la mariée de Kabylie est constituée des bracelets, chevillères, boucles d’oreille, du pendentif et du diadème. Ces bijoux anciens sont très lourds, mais les femmes ne les enlevaient jamais (à l’instar de la tenue traditionnelle de Kabylie), même quand elles se consacraient aux tâches les plus rudes.

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