Bienvenue
Voyages

Les grottes magiques de Beni-Add à Aïn Fezza à Tlemcen

Dire que Tlemcen est une ville d’art et d’histoire ne relève guère d’une pure fantaisie car au vu de sa grande richesse sur les plans historique et culturel, cette appellation est loin d’être usurpée.

Des hommes prestigieux ont fait la grandeur de la « perle du Maghreb », et la topographie de la ville et de ses alentours n’est pas étrangère également à cette réputation enviable. Les sites naturels d’une beauté exquise ne manquent pas dans l’ancienne Pomaria et sa région. On citera à titre d’exemple la zone humide d’importance mondiale « Dayet El Ferd », située au coeur d’une zone steppique, à quelque 60 km au Sud du chef-lieu de la wilaya. Cet endroit est le point de convergence saisonnier de milliers d’oiseaux migrateurs, témoins d’une riche biodiversité. Il y a également « Ghar Boumaza », la source de la Tafna, à 1100 m d’altitude dans la partie Sud des monts de Tlemcen, site classé zone humide d’importance internationale en juin 2003. Les grottes de Beni-Add, objet de notre reportage, constituent un autre site naturel touristique vers lequel convergent, en familles, de nombreux visiteurs durant les weekends, jours fériés et autres vacances. Et autres curiosités.

UNE DESTINATION PRISEE PAR LES AMATEURS DE NATURE ET DE DETENTE

Les grottes de Beni-Add, à 1143 m d’altitude, sont situées à 7 km de Aïn Fezza et à 18km du chef-lieu de la wilaya. Elles font partie de ces endroits majestueux qui font rêver les amateurs de beauté à l’état naturel. Le site est fréquenté par les gens de la région mais aussi par des visiteurs qui viennent d’Oran, de Aïn Sefra et des quatre coins du pays. Il est également la destination d’un certain nombre d’étrangers qui commencent timidement à programmer la visite de l’Algérie dans leur agenda après que notre pays ait figuré sur la liste noire pendant de longues années, suite aux troubles de la décennie noire. Ils étaient 22 700 visiteurs à avoir choisi ce site pour leurs sorties de détente durant la saison touristique écoulée. Ibrahim Abdelhak, le responsable des lieux table sur plus de 30 000 pour la saison en cours à la suite des travaux d’aménagement des lieux entrepris à l’intérieur et à l’extérieur des grottes pour rendre le cadre plus accueillant. Les grottes de Aïn Fezza, découvertes par les Berbères, remontent à des temps immémoriaux : quelque 65 000 ans, dit-on. Sitôt à l’intérieur de cette grande cavité creusée dans la roche calcaire du massif de Tlemcen, le visiteur est subjugué par la magnificence des lieux qui ne ressemblent en rien à ce qu’il a l’habitude de voir. Au cours de la visite, qui peut être guidée, il se retrouvera dans une première salle, la plus grande, elle atteint 18 m de hauteur ; puis dans une seconde, appelée la salle du roi et enfin une troisième dénommée la salle des épées ou des Moudjahidine pour avoir abrité ces derniers durant la Révolution. Les grottes, ou du moins celles qui sont ouvertes aux visites, s’étalent sur 700 m, avec une profondeur atteignant 57 m. En fait, les galeries souterraines vont beaucoup plus loin, « elles atteignent 145 km de long et passent par « Ghar Boumaza avant de déboucher sur le Maroc», nous précisera Ibrahim. Durant la guerre de libération, les forces de l’occupation ont obstrué le passage avec pas moins de 60 m3 de béton armé pour empêcher tout mouvement des Moudjahidine à partir de et vers Tlemcen.

LES GROTTES, UN PAYSAGE KARSTIQUE FASCINANT

Dans les différentes salles ouvertes à la visite, le spectacle offert par dame Nature est grandiose. L’architecture façonnée des siècles durant, oeuvre d’une chimie naturelle particulière, est tout simplement éblouissante. La « construction », d’une durée séculaire, commence par de fines gouttelettes qui s’infiltrent lentement à travers de petites fissures, parviennent dans la cavité et se transforment progressivement en petites concrétions par suite de la perte d’une partie du dioxyde de carbone (dégazage) ou de l’évaporation d’une partie de l’eau. « Dans le cas de ces grottes, les concrétions grandissent d’un centimètre par siècle », nous révèlera Ibrahim. Au fil des siècles, les petits blocs de calcaire se sont entassés les uns sur les autres. Façonnées par les agents atmosphériques, les stalactites, concrétions calcaires formées par ces gouttelettes tombant de la voûte des grottes, s’allongent, à certains endroits, jusqu’à donner l’impression de frôler un peu les stalagmites qui s’élèvent du sol. Dans d’autres coins, ces concrétions, parfois longues de plusieurs mètres – vont jusqu’à s’entremêler pour donner des dessins et des formes qui feraient pâlir d’envie les mains humaines les plus expertes en la matière. Ces concrétions ont, en effet, pris diverses formes impressionnantes allant du chameau au visage de Socrate en passant par la statue de la liberté ou l’orgue africain et tant d’autres curiosités. Les visiteurs éblouis par un paysage renversant de beauté ne manquent pas de faire crépiter leurs appareils photos ou laisser tourner leurs caméras à chaque coin illuminé pour figer sur cliché ou immortaliser dans un film des formes d’une étrangeté ahurissante ou encore des moments d’une rare intensité.

L’ACCES DIFFICILE TEMPERE UN PEU CERTAINES ARDEURS

Pour accéder à ce site fabuleux à partir de la RN 7, au niveau de la localité de Aïn Fezza, il n’y a qu’une seule piste carrossable d’une distance de 7 km. L’état de cette route constitue, peut-être, son talon d’Achille dans la mesure où cela freine, quelque peu, le rayonnement de ce site naturel de toute beauté. Cette voie publique étroite permet très difficilement le passage de deux voitures venant en sens inverse ; elle est, de plus, dans un état de dégradation tel que les automobilistes doivent se montrer attentifs, d’autant plus qu’il s’agit d’une route montagneuse qui peut être dangereuse dans la descente lorsque l’on sait qu’aucune protection n’est érigée dans les endroits présentant le plus de risques. À une question se rapportant à l’état déplorable de cette route, Abdelkrim Medjdoub, P/APC de Aïn Fezza, souvent présent sur les lieux, répliquera : « Il est vrai que l’état de la route constitue un handicap pour les visiteurs, c’est ce qui empêche, d’ailleurs le site de recevoir plus de touristes ; mais le problème est sur le point d’être réglé puisque l’APC a bénéficié d’un programme visant la réhabilitation de la route d’accès. En fait, en plus de la réfection de la voie existante, une autre, dont l’étude est déjà faite, sera aménagée de façon à créer un circuit touristique doté de deux routes l’une réservée aux arrivées et l’autre aux départs. Une fois les travaux achevés, la circulation sera aisée et cela ne manquera certainement pas de drainer un plus grand nombre de visiteurs».

DES EFFORTS POUR RENDRE LE CADRE PLUS ACCUEILLANT

Dans le cadre de la promotion du tourisme dans la région, le P/APC nous informera que sa municipalité a bénéficié de plusieurs autres projets relevant du programme communal de développement (PCD) en dehors de celui destiné à faciliter l’accès au site. Ainsi, en collaboration avec le Parc national de Tlemcen (PNT), la commune de Aïn Fezza a planté d’arbres un hectare et projette le reboisement de quatre autres, au courant de cette année 2010, pour atteindre une superficie globale de 5 ha. Par ailleurs, le site est alimenté en eau potable depuis l’année précédente, et on envisage maintenant l’extension, avant la saison estivale, des installations sanitaires publiques et des aires de stationnement pour faire face au rush attendu des visiteurs. Après avoir aménagé un espace où les visiteurs peuvent s’asseoir pour prendre leurs repas, déguster un thé ou tout simplement se reposer et un autre où ont été installés des équipements de jeux pour permettre aux enfants de passer des moments agréables, on compte lancer la construction de locaux afin de valoriser le travail artisanal, notamment la poterie, l’une des spécialités de la région. Le P/APC évoque également la volonté des autorités d’installer un camp pour jeunes destiné à accueillir des associations sportives et/ou culturelles qui veulent séjourner dans les lieux. Comme on peut le constater, l’ambition et la volonté de dynamiser davantage ce coin naturel et promouvoir encore plus le tourisme dans la région sont réelles comme est réel aussi l’appel suivant lancé aux investisseurs par le chef de l’exécutif communal : « Des terrains peuvent êtres mis à la disposition des investisseurs qui se sentent capables de contribuer à l’essor touristique du site. Ceux qui s’y intéressent peuvent se rapprocher de nos services, ils seront les bienvenus ». Il faut mentionner que la revalorisation des grottes de Aïn Fezza entre dans le cadre d’un projet ambitieux initié, depuis quelques années, par le wali de Tlemcen qui, il faut le reconnaître, ne ménage aucun effort pour l’embellissement de Tlemcen et ses environs.

Source : Le courrier d’Algérie

Leave a Response

Chargement...
Aller à la barre d’outils