Tendances mode

Nassila, un style raffiné à l’extrême

Consacrée ambassadrice de la mode algérienne, Nassila est devenue l’une des créatrices les plus sollicitées en Algérie et à travers le monde. Elle a été élue femme de l’année par le journal égyptien Al Ahram en 1988. Elle a organisé des défilés dans plusieurs capitales étrangères, notamment à Tunis en 1985, à Paris en 1986, 1995 et en 1996, dans la capitale du Bahreïn en 1987, au Koweït en 1988 et à Riad une année plus tard. Nassila a organisé aussi un défilé à Washington en 1997 et un autre à New York.

Aujourd’hui, ce prénom est devenu une griffe et aussi, un peu le sien. Les épouses de nombreuses personnalités algériennes s’habillent chez « Nassila », et quand une hôtesse de marque est en visite en Algérie, on ne manque pas de lui faire apprécier un « vêtement-bijou » sorti de ses ateliers. Vingt quatre ans après l’ouverture de sa boutique, la « féconde » semble avoir parfaitement réussi son pari. De l’hôtel Saint-George 1963 – date du premier défilé du label Nassila – au Palais de la Culture 2004, l’ambassadrice de la mode algérienne n’a eu de cesse de perfectionner ses collections. Une recherche du parfait qui lui a permis de construire une carrière et une réputation solide dans ce monde de la mode où seuls la créativité, le savoir-faire et l’originalité font la différence. Nassila, qui est le label créé par la couturière Fatiha au lendemain de l’indépendance du nom de sa fille, a marqué et continue à poursuivre de son empreinte la mode algérienne. La collection hiver 2005 est une de ces empreintes qui justifient le génie créateur de Nassila. Nassila paraît comme une fervente défenseuse, et à juste titre d’ailleurs, de la mode purement féminine, mettant en valeur les formes, la grâce et l’élégance de la femme.
Les couleurs de prédilections de l’artiste sont dans les tons pastels, nacrés, blancs…

Sur l’air de Tzaâbli ou tmili, un mannequin drapé dans un hayek m’rama et masqué avec un âadjar dans la pure tradition algéroise, annonce le début de la présentation des tenues traditionnelles revues et « corrigées » par Nassila. Telles des colombes, les femmes au hayek ouvrent le bal de la séduction, voilant parfois et découvrant d’autres fois le charme et la beauté de la femme algéroise. Badroune, karakou, kouiyet se sont succédé sur le podium dans des tons aussi variés qu’originaux. Une redécouverte d’Alger et ce qu’elle renferme comme sources d’inspiration pour la haute couture. Seroual m’douar, seroual chelqa, h’hermet leftoul ont constitué un terreau fécond pour la création pour Nassila qui, tout en respectant la tradition du costume algérois, introduit une touche personnelle sur la forme et les couleurs, affinant et dynamisant les tenues. Le vêtement devient lui-même un atour qu’on fignole et raffine pour parer les femmes. Satin, velours, voile, mousseline aux couleurs chatoyantes ont constitué le matériau de base que la couturière a choisi pour habiller les femmes dans des tenues alliant grâce et élégance.
L’on remarque le penchant de la couturière pour le seroual m’douar sur lequel elle accentue l’amplitude et la draperie, lui donnant un volume qui n’entache pas sa beauté. Bien au contraire, il cache des formes dont le mouvement se répercute sur le drapé tel le relief du mouvement d’une vague. La veste courte très cintrée du haut met en valeur le volume du bas dessinant des rondeurs et des mouvements gracieux. Comme de tradition dans les défilés, toutes les régions du pays sont à l’honneur à travers une originale reprise des costumes. Pour la robe kabyle, Nassila a troqué la fouta (tablier) traditionnelle contre une fouta en mousseline perlée grise assortie du bleu saharien de la robe. La robe chaouiya et celle constantinoise subiront elles aussi des transformations. Comme toute bonne chose a une fin, le beau spectacle que Nassila a concocté s’est terminé en apothéose. Le hayek revient pour envelopper la mariée. Une mariée que Nassila a voulu attacher à la tradition, en mettant une veste karakou sur un seroual m’douar de même couleur, blanc, doré ou crème. Le hayek assorti à la couleur du karakou, pouvant même être nuancé en deux couleurs.


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Actualisé le 30 septembre 2013

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