Couple

Quand le mariage algérien se dénature

Le mariage est l’événement traditionnel le plus riche d’Algérie permettant de dévoiler, à lui seul, toute la vastitude des coutumes que recèle le pays.

Chaque région peut se targuer de posséder des traditions maritales ancestrales, vivaces et bien spécifiques même si de nombreux rites demeurent communs tels que le henné, le hammam de la mariée, la tasdira, le tbak ou le bernous …

Le mariage occupe une importance fondamentale dans la vie sociétale algérienne. Même s’il s’organise autour de traditions séculaires, il a su évoluer en s’appropriant -notamment- des traditions venues d’Occident. Un engouement sans faille s’est emparé des familles algériennes pour ces nouvelles traditions devenues, pour certaines d’entre elles, un must have.

Parmi ces coutumes venues d’Occident, nous pouvons citer la salle des fêtes. Pratique car à l’époque, il fallait avoir une grande maison ou alors implorer un voisin ou un membre de la famille de prêter sa maison. C’était compliqué mais beaucoup plus économique ! Aujourd’hui, le mode de vie de plus en plus individualiste mise beaucoup moins sur l’entraide et les gens sont beaucoup moins enclins à offrir leur demeure pour fêter un mariage.

La carte d’invitation, à elle aussi était adoptée par la majorité des familles algériennes. À l’époque de nos aïeux, les parents des mariés étaient chargés des invitations et ils devaient se déplacer. Notre mode de vie contemporain ne nous permet plus forcément de respecter cette tradition peut-être obsolète.

Le voyage de noces est lui aussi une tradition venue d’Occident. Cette notion est toute nouvelle, nos grand-mères devaient se retrouver chez elles (ou chez la belle-famille) et démarrer une nouvelle vie dès le lendemain du mariage. Le voyage de noces permet de se retrouver entre époux et de mieux profiter des débuts de la vie de couple avant d’entamer une nouvelle vie !

Ces traditions maritales ont été adoptées car elles entrent dans un processus logique de modernisation de notre société toujours plus connectée. Mais il convient de dire que des moeurs, certes magnifiques, pourraient être abandonnées sans pour autant porter préjudice au bon déroulement du mariage algérien.

Nous pouvons citer à titre d’exemple, le bouquet de la mariée, les alliances, les dragées, la limousine (A l’époque la calèche et le cheval blanc faisaient office de limousine ) ou encore la liste de la mariée. Même si faire une liste peut sembler pratique, elle peut aussi incommoder certains invités qui se retrouvent contraint d’investir dans un cadeau hors de leur moyen.

N’oublions pas de citer la robe blanche qui est l’une des pièces phares de la Tesdira (trousseau) des algériennes, elle reste tout de même symboliquement complètement étrangère à notre culture qui exige que la mariée soit habillée de robes colorées.

Certes, ces évolutions attestent de l’ouverture d’esprit des femmes algériennes, mais il convient de se poser les bonnes questions : pourquoi avons-nous besoin de récupérer des traditions parfaitement extérieures à notre culture et à notre religion ? Pourquoi ne pas adapter nos rites à la modernité ?

Le débat est lancé les dziriyatnautes !

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