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Salamalecs & autres algérianitées

Ssbah el khir wel yasmine, wel 3amber,

Salaaaam! (mouaaah!) wech rakoum? (mouaaah!) labess? (mouah!)Hamdouulah (mouah!) 3ach men chafkoum, wech rahoum el drari, moula bitekoum, la famille, el saha, marte khouk ziydete? bente khaltek djabete el bac? Djartek djate mel 3omra? #ila/akhirihi.

Lire: Bonjour, comment vous allez, bien, je vais bien, comment vous vous portez, ça fait un moment qu’on ne s’est pas vu, comment vont les enfants, le patron de la maison(mari), la famille, la santé, ta belle soeur à accoucher ou pas encore, ta cousine à eu son bac? ta voisine est revenue de la Mecque?! #etc.

Ce qui a donné le mot: SALAMALECS ou l’art d’allonger les salutations à l’infinie. Dans le dictionnaire cela ce définit par: politesses excessives. Ne faisant jamais les choses à moitié, et étant les rois des excès en tout genre, celui-ci nous je pouvais pas le rater.

Nos algériennes lorsqu’elles se rencontrent, débitent dix phrases/min. La discussion peut s’allonger, dans la rue, au marché, de balcon à balcon, à la porte d’entrée, juste autour des “bonjours/comment cava?”. Vous prenez des nouvelles de tout le monde, le grand, le petit, le vieux, le jeune, les inconnus, les proches. En gros si vous êtes pressées mieux vaut passer son chemin, surtout ne pas s’arrêter sinon vous en avez pour une demie heure. Combien de fois avons nous éviter de dire bonjour à quelqu’un faute de temps, ou juste parce que Madame ou Monsieur est du genre TGV de salamalecs? Pas la peine de rougir, tu es démasquée haloufa va! #rire-sadique

Culturellement nous sommes ainsi fait. Allah Ghaleb. Bien plus qu’ une simple politesse agrémentée d’une curiosité cordiale et bienveillante, demander des nouvelles de l’autre et de toute sa smala est une véritable institution, une obligation sociétale. Si bien que si par malheur vous omettez ou oubliez de demander des nouvelles de son canari, ou de son arrière grand père souffrant, ou sa plante d’intérieure, la bonne femme peut te bouder jusqu’à nouvel ordre, voire appeler tes parents. L’incident diplomatique est alors frôlé de justesse.

Je m’arrête souvent sur les différences entre les peuples. Cette spécificité est bien africaine. Sur l’ensemble du continent, se dire bonjour, demander des nouvelles est un art du quotidien. Chacun sa façon de faire mais les gestes qui reviennent: s’enlacer, se serrer, pétrir le bras de l’autre pour voir s’il va vraiment bien, faire et re-faire la bise en plein milieu de la discussion, donner une petite tape à l’autre pour le charrier. Tout ces gestes ne démontrent pas que nous sommes Pour le mariage Gay, ou un manque d’affection flagrant juste que les africains sont chaleureux. Ces salamalecs soudent une communauté, permettent de confirmer les liens, engendrent une proximité, certes parfois agaçante, ou un brin trop tactile, mais tellement importante. Si bien que dans la religion musulmane, le “Salam” est une nécessité, l’oublier est fauter. Qu’on connaisse la personne ou pas, dire Bonjour est primordial.

En occident, le temps est compté, les salutations sont raccourcies, si bien qu’un jour les personnes se diront “Cordialement” en fin de discussion pour gagner du temps. Même si dire “Bonjour” en montant dans l’ascenseur ou en arrivant au bureau fait parti du savoir-vivre européen, demander trop de nouvelles peut être considéré comme une intrusion dans la sphère privée (oui, j’aime les grands mots) ou encore comme un excès de familiarité. #d’ssara.

Pour en revenir à l’Algérie, une fois la discussion terminée, il faut se quitter, et là commence une autre Sérénade sans fin, celle des Au revoir, qui commencent par un mot ou une allocution simple mais qui marque une fin possible de la conversation en cours: “Bon, El hassoul, Bref, D’toute façon, et autres ..”

Pour enchaîner par: ” Nkhalik f’ssa3ete el khir, binatna el tiliphoune, djouzi l’edar, marhba bik, netchawfou nchalah, balaki tu disparais, ehhhh, selmi 3la el hadja, w 3la el drari, w boussili el ketkouta, w thalay fi rouhek, w rouhi el tbib matenssaych, w el dar darek … Mouah Mouah, zidi zoudj, Mouah Mouaaahhh, Haya besslama.” et ce jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la pénurie de salive, l’art de se muscler la mâchoire (surtout si vous mâchez en même temps un May ou un Action..#chewing gum locaux).

Tout ce discours pour se dire: Au revoir. Si les européens ont inventer un mot simple en deux syllabes pour se dire au revoir: Bye pour les Anglais, Ciao pour les italiens, Salut pour les français, Tchuss pour les allemands .. sachez qu’en Algérie ces mots là ne sont utiles que lorsqu’il y a une embrouille, ou une dispute: ” Haya Ciao! ” ” Echfay 3liha. BAY!”

Mais si vous êtes en de bons termes, si vous croisez la route d’une algérienne comme moi, soyez en sure, vous perdrez des calories rien qu’en me disant Bonjour-Au revoir. Ne me snobez pas, c’est juste que quand on aime: On ne compte pas.. et les commérages n’ont pas de prix!

Fi’lamane!

Bassoum

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