Tendances mode

Styliste Malika : Rencontre avec Malika Styliste

Nous vous présentions il y a quelques jours la collection ZIYA pleine de raffinement de la styliste Malika, nous avons aujourd’hui le plaisir de vous dévoiler son univers à travers un entretien très enrichissant qui nous apprend d’où Malika puisse son inspiration et comment en est-elle arrivée là où elle est aujourd’hui : à savoir, une styliste sur qui il faut à présent compter dans le milieu de la mode orientale à Paris!

Pouvez vous vous présenter en quelques lignes ?
J’ai aujourd’hui 51 ans et on dit de moi que je suis très douce et compréhensive, certainement parce que je ne juge pas. Je suis originaire d’Algérie, de Tlemcen plus précisément et j’ai hérité de la fierté nationale de notre beau pays.
J’ai aujourd’hui la chance d’exercer un métier que j’aime, je l’exerce avec passion et conviction. J’écoute avec sagesse les femmes, je me passionne à percevoir leurs besoins, leurs caractères et mettre en valeurs leurs atouts comme si c’était un challenge. J’ai une philosophie qui est de toujours respecter l’autre (car je m’efforce de toujours me rappeler d’où je viens et par où je suis passée) ainsi que de donner un réel sens à ce que je fais.

Depuis combien de temps faites-vous ce métier ? Comment avez-vous été saisi par la vocation ?
Je fais ce métier depuis toujours en quelque sorte, car dès mon plus jeune âge, à la maison ma mère et ma grand mère nous apprenait le métier de la couture. C’est un réel don qui nous a été transmit de génération en génération. C’est mon héritage, avec un grand H. C’est ma valise, au sens figuré, que je transporte partout avec moi.

Quelle formation avez vous suivi pour exercer ce métier ?
Comme je vous le disais précédemment, la seule formation que je possède est celle que ma mère et ma grand-mère m’ont transmise. La vie s’est occupée du reste et à fait de moi une autodidacte de la mode.

Comment se sont déroulés vos débuts dans la mode
Déjà jeune fille, je confectionnais avec ma famille des trousseaux pour les futures mariées car dans le temps (et toujours maintenant) les futures mariées se font préparer leurs trousseaux. Nous répondions aussi à la demande de magasins à Oran et à Tlemcen pour confectionner des robes constantinoises, des chaadas, des karakous, des blousas tlemceniennes et beaucoup d’autres tenues. Dans les années 70, à mon arrivée en France, j’étais femme au foyer et pour occuper mon temps libre, je confectionnais des vêtements pour mes enfants.
A 34 ans, ma vie a connu un triste tournant : Me retrouvant veuve avec trois enfants à charge et en bas âge, je n’ai pas eu d’autre choix que d’utiliser la couture pour subvenir à mes besoins. Je pense que c’est à ce moment là que ce métier s’est naturellement imposé à moi. La couture était mon seul bagage…
J’ai alors commencé à créer des robes traditionnelles algériennes pour des futures mariées et ma petite affaire fonctionnait de bouche à oreille. Des années plus tard, j’ai réalisé mon premier trousseau pour le louer à des futures mariées et enfin commencer le métier d’habilleuse. Au final, Il n’y a pas vraiment eu de débuts choisit dans cette carrière mais c’est plutôt la vie qui m’a amené à la mode et à cette passion.

Vous êtes de Tlemcen, l’artisanat de cette ville vous a-t-il influencer dans votre travail?
J’ai baigné dans cet art, cela fait parti de moi et se reflète naturellement dans mon travail.

Comment décrivez-vous votre style?
Mon style évolue comme chacune d’entre nous. Parce que les temps changent ainsi que la femme… Un style n’est jamais figé dans le temps, il exprime avant tout quelque chose.
Je dirais que c’est un style à part entière. C’est Mon style, c’est ma vie, c’est mon histoire. Certains s’expriment avec la peinture, l’écriture ou la musique, pour moi c’est la couture. Je donne la vie à un tissu comme on donne un but à sa vie. Derrière chaque coupe, broderie, ouverture, ou décolleté se glisse un message que certaines comprendront. Sur la Duchesse Rouge par exemple, les broderies montent car les femmes s’élèvent et ne descendent pas ! Les broderies sont en adéquation avec la femme qui s’élève à son paroxysme. C’est un style particulier pour des femmes particulières, vous dirais-je. Aujourd’hui, je suis dans une aspiration artistique séparée par le détroit de Gibraltar. Ma signature réside dans le métissage de l’Orient à l’Occident, dans le métissage de deux cultures qui concernent aujourd’hui toutes les femmes d’origines maghrébines ou issuent de parents maghrébins. Alors, j’ai unifié ces deux axes, j’ai allié la modernité à la tradition. En apposant une signature chic, élégante et sobre en toute circonstance.
Je dirais aussi que mon style est audacieux, j’ai eu envie de créer des robes dans lesquelles la femme peut bouger, peut vivre, et faire parler son corps pour ne plus être une femme objet. Enfin, cette signature est un message pour ces femmes qui ont la vie dure, qui travaillent, qui sont mères, qui se battent pour s’affirmer et qui doivent être belle et ne pas laisser les signes du temps qui passe prendre le dessus.

Pouvez vous nous dire pourquoi la mode algérienne séduit-elle de plus en plus les jeunes?
Tout d’abord car la mode algérienne vit. Parce qu’elle est en pleine effervescence tout comme son peuple, parce que nous avons envie de garder nos traditions et les perpétuer même si nous sommes français. A travers le comportement de ma fille et de mes nièces, j’ai l’impression que l’esprit du style algérien est présent et qu’un retour au source est nécessaire. Elles le justifient en portant nos tenues car c’est un message «Nous ne sommes pas en Algérie, mais nous portons sur nous nos traditions et nous les véhiculons». De plus, avec l’ouverture du style algérien, les jeunes femmes se reconnaissent davantage dans un style moderne qui leur parle.

Vous faites un métier qui nécessite un renouveau constant. Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Mon vécu est ma première source d’inspiration, chaque combat, chaque rire ou larme se dessinent et se retrouvent dans mes tenues. J’ai commencé au départ avec la tradition car c’est tout ce que je connaissais, mes collections ont évoluées avec moi pour arriver à mon plus beau cadeau ZIYA ma collection Automne-Hiver 2010.
J’écoute aussi beaucoup mes clientes, notre Show-Room est souvent un lieu de confidence où s’échange vécu autour d’un petit café. Chaque histoire marquante est dessinée dans les croquis et pourquoi pas un jour exaucée pour ces femmes particulières.
J’aime aussi m’asseoir dans un café parisien et observer les comportements des femmes. Une allure, un geste peu parfois aboutir à une magnifique tenue. Je regarde aussi de très près les tendances afin d’être en adéquation avec ce que veut LA femme.

Y’a-t-il des grands couturiers que vous admirez tout particulièrement ?
Chanel, pour son vécu, mais aussi pour le style de la marque qui est intemporelle. Sans oublier Elie Saab pour son travail exceptionnel, à chaque collection je suis émerveillée par son talent.

Quelle est l’image de la femme que vous souhaitez mettre en valeur?
Une femme libérée, forte et ambitieuse qui ne recule devant rien. Mais qui malgré ce pouvoir et cette force veut rester belle et élégante.

Comment s’annonce l’année 2010 pour vous? Pouvez vous nous parlez de votre prochaine collection?
Cette année est merveilleuse, elle est pleine de reconnaissance suite à la réalisation de notre collection Automne-Hiver 2010 ZIYA. C’est une année qui m’a permis de me faire un nom, de dévoiler mon style en hommage à toutes les femmes qui se reconnaîtront dans ma signature. En ce qui concerne la prochaine collection, je préfère laisser aux autres le soin de la découvrir.

Si vous étiez l’une de vos tenues, laquelle serait-ce et pourquoi ?
L’Officier Marine. Elle symbolise et incarne tout à fait la vie que j’ai eu. Cette impression d’avoir eu à nager à contre courant et à surmonter de multiples tempêtes.

Quel conseil en matière de mode traditionnelle donneriez-vous aux lectrices de Dziriya.net pour s’habiller avec goût?
Tout dépend des personnes, mais je dirais que l’on doit s’habiller avec des tenues qui nous ressemblent et qui nous correspondent. Il faut se donner de la valeur avant tout et en donner aussi à la tenue que l’on porte. Par exemple, le karakou algerois est pour moi le symbole de l’élégance même et du style. Adapté à notre corps, il se révèle divin.

Quel a été votre pire souvenir à titre professionnel?
Aucun, chaque moment est à prendre c’est le Mektoub !

Et le meilleurs ?!
Le regard de satisfaction et pleins d’étoiles dans les yeux de mes mariées et de mes clientes …

Que pensez vous du site Dziriya.net
Je l’ai toujours admiré. Et c’est pour moi une grande fierté d’y paraître.
Il est de plus, pratique et ludique avec ces différentes rubriques.

Louez-vous des tenues, comment doivent procéder les femmes qui sont intéressées par vos tenues?
Oui, toutes nos tenues sont disponibles en location et en création sur-mesure. Pour cela il suffit de prendre rendez-vous avec la STYLISTE MALIKA ou son assistante et de venir à notre Show-Room. Dans une ambiance détendu, de qualité et confidentielle, nous écoutons les envies de notre cliente et ce à quoi elle aspire. Nos collections sont ensuite montrées dans leurs intégralité. Le professionnalisme et la qualité de notre travail est un atout majeur que nos clientes apprécient beaucoup.

Un dernier mot à nos lectrices
J’espère que la collection vous plaît, qu’elle vous parle et vous ressemble.

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