Le retour apprécié du pain noir à Alger

Le pain complet est recommandé par les spécialistes pour ses valeurs nutritionnelles et pour ses bienfaits sur la santé des personnes fragiles.

[dropcap type=”default”]A[/dropcap]utrefois considéré comme un produit bas de gamme, avant de disparaître presque complètement des habitudes de consommation, le “pain noir” ou encore le “pain complet” trouve aujourd’hui partout des adeptes pour le déguster et des boulangers pour le préparer.
L’invasion des fours rotatifs qui a inondé les boulangeries de baguettes de pain croustillantes, semble avoir fait son temps face à ce retour remarqué du bon vieux pain de campagne.
Ils sont, en effet, de plus en plus nombreux ces Algériens, sous le conseil des nutritionnistes ou des médecins, à délaisser peu à peu le pain dit “blanc” au profit du pain “noir” que l’on prépare généralement avec du froment complet de blé dur, d’orge, de seigle ou de son (sans extraction de l’enveloppe du grain), ce qui lui donne son teint sombre et son nom.
Le pain complet qui se distingue notamment par sa riche teneur en fibres et en sucres lents, est recommandé par les spécialistes pour ses valeurs nutritionnelles et pour ses bienfaits sur la santé des personnes fragiles.
Aussi, de nombreuses personnes, surtout les plus âgées ou celles observant un régime alimentaire, le préfèrent au pain “blanc”, préparé avec de la farine panifiable, extraite du blé tendre, mais qui reste encore un aliment de base pour la majorité des familles algériennes et des enfants, dont les estomacs, encore fragiles, “pourraient être irrités” par les fibres du pain complet, selon un meunier employé dans une entreprise spécialisée en produits de boulangerie.
La demande est tellement importante que certains amateurs de ce type de pain l’ont appris à leurs dépens, à l’exemple de Sid Ahmed qui doit dorénavant se lever tôt pour espérer trouver sa ration journalière de pain d’orge chez son boulanger habituel. “Cela fait des années que j’achète régulièrement du pain d’orge chez un boulanger de Bir Mourad Rais, sans avoir à me presser pour le faire.
Mais aujourd’hui, il suffit que j’arrive une heure après mon horaire habituel pour rentrer bredouille”, dit-il résigné devant le rush observé sur le pain complet.
Il ne manque pas de faire remarquer que le pain d’orge “est de moins en moins foncé “, car contenant sans doute moins de semoule d’orge. “Le pourcentage a certainement diminué pour satisfaire la demande grandissante et pour répondre à des normes techniques de préparation de la pâte”, explique-t-il. La semoule d’orge étant en effet sans gluten, il faut toujours lui ajouter, confirme le meunier, une certaine quantité de farine pour la faire lever si on veut obtenir une pâte à enfourner.
Sinon, le pain d’orge ou de blé se prépare en galette cuite traditionnellement dans un “tadjine” sur une “tabouna” (réchaud à gaz bas).
C’est d’ailleurs à ce type de cuisson que recourent actuellement nombre de femmes aux foyers, dans les campagnes ou dans les villes, pour préparer de la galette d’orge, de blé ou de semoule de blé dur, qu’elles cèdent à des commerçants dépositaires qui les revendent entre 20 et 30 DA l’unité.
L’activité est apparemment tellement lucrative que des petites boulangeries spécialisées ont même vu le jour dans certains quartiers de la capitale. Bien connues par tous les amateurs de pain complet ou traditionnel, celles-ci sont quotidiennement sollicitées par une clientèle qui y vient parfois des quatre coins d’Alger et qui n’hésite pas à débourser jusqu’à 50 DA par galette de semoule de blé ou 35 DA pour un pain d’orge de 200g environ.

Horizons-dz.com

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