Constantine : abandonnée depuis des mois chez une nourrice

Cette femme selon ses dires travaillait à l’orphelinat de Sidi Mabrouk depuis déjà une douzaine d’années comme vacataire car divorcée depuis plusieurs années, elle était obligée de subvenir aux besoins de ces cinq enfants qui vivaient avec elle. Arrivée au terme de l’âge de la retraite, elle quitte alors son poste de travail avec une pension misérable de 3000 DA par mois, ce qui reste dérisoire il faut l’admettre pour les besoins de cette famille composée de trois garçons et de deux filles. Prise au dépourvu et face à la cherté de la vie de tous les jours et surtout la location de son logement qui lui grève son maigre budget, elle décida alors de se «convertir» en nourrice en son domicile pour arrondir ses fins de mois qui deviennent de plus en plus difficiles compte tenu des enfants qui grandissent et leurs multiples besoins qui vont avec. C’est ainsi donc qu’elle est devenue garde des petits enfants dont les mères sont actives et viennent les récupérer en fin de journée après leur travail. Ayant loué de nouveau un logement à la nouvelle ville Ali Mendjeli, elle a continué à exercer cette activité le plus naturellement du monde jusqu’à ce jour du 2 mai 2011. En effet, dira-t-elle « cette journée qui restera à jamais dans mes souvenirs, parce que je ne savais pas que la venue de ce bébé (une fille) d’environ deux mois que sa mère, une jeune femme de 25 ans, a ramené pour que je m’occupe d’elle durant la journée, et qu’elle viendra la récupérer après son travail» nous a encore indiqué notre interlocutrice. Mal lui en prit ; «cette jeune femme qui devrait revenir le jour-même pour payer la nourrice et récupérer son bébé comme convenu, n’a plus donné signe de vie depuis ce jour et par conséquent je me retrouve avec ce bébé sur les bras et dont j’assume toutes les charges», nous a encore confié cette vieille femme avec une pointe d’amertume et des larmes aux yeux. Par ailleurs et ne voyant pas revenir la mère de l’enfant, la nourrice a introduit une requête auprès du procureur de la République prés la cour de Constantine qui l’a reçue par la suite et auquel elle lui a exposé les faits, et ce à quoi une enquête fut alors diligentée par les services de la police judiciaire pour déterminer les tenants et aboutissants de cette affaire qui reste quand même assez mystérieuse et qui n’a pas livré tous ses secrets. En tout état de cause, cela fait déjà 24 mois que la petite fille se trouve chez cette modeste famille qui l’a prénommé « Aicha ». Cependant le drame de cette vieille selon ses dires ce n’est pas le fait d’élever cette petite fille, mais surtout la peur de la laisser seule s’il lui arrive de mourir un jour, « je ne peux pas l’adopter maintenant, car je suis âgée et malade, c’est pourquoi je souhaite la remettre à la pouponnière de la ville afin qu’elle soit mise entre de bonnes mains chez une éventuelle famille d’adoption pour avoir le conscience tranquille» nous dira-t-elle. Mais elle ne désespère pas et nous a avoué que «peut-être à travers cet article qui sera publié dans les journaux, cette mère repense son geste et revient reprendre son enfant, après tout il n’est jamais trop tard pour bien faire» ajouta-t- elle. Espérons que cet appel sera entendu et que cette âme innocente retrouvera les siens pour qu’elle ne soit plus un «embarras» pour cette vieille femme qui a donné toute son affection et son amour en l’élevant comme un de ses enfants.

Aujourd’hui la petite «Aicha» est âgée déjà de deux ans et trotte sur ses petites jambes et l’appelle «maman», «c’est ce qui me déchire encore plus le cœur» dira encore cette vieille dame, les larmes aux yeux. Toutefois, la question reste posée, pourquoi cette jeune mère a agi de la sorte pour abandonner aussi facilement son bébé et n’a plus donné signe de vie ?

08/03/13
Crédit photo : Mâalem Abdelyakine, lecourrier-dalgerie.com

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