Du virtuel au réel

4e épisode : Je vous ai déjà dis que Nawel était perspicace ???

Son inscription sur ce site de rencontre lui a quand même permise de nouer contact avec 2,3 garçons qu’elle trouvait assez intéressants.

De fils en aiguille elle commença à lier affinité avec un jeune homme de 28 ans, Djamel.

Il était Algérien et plutôt charmant d’après se qu’elle avait pu constater au regard de sa photo, mais également à travers les conversations qu’ils échangèrent.

Il était comptable dans une société de crédit et avait l’air gentil, intelligent, et sérieux, mais surtout il recherchait visiblement une relation stable et durable. De discussions en discussions ils décidèrent qu’il était temps pour eux de se rencontrer en vrai.

Premier rendez vous donc, Nawel appréhendait… et si c’était un psychopathe ? Un malade mental ? Un tueur en série ? Avec tous les faits divers qu’on entend aujourd’hui, la vigilance et la méfiance ne sont pas de trop dans notre société.

Elle décida donc de le rencontrer dans un endroit le plus fréquenté possible. Rendez vous est pris sur les Champs Elysées afin d’aller boire un verre et de discuter en tête à tête.

Nawel, en fille coquette digne de ce nom, s’apprêta comme il se doit pour cette première rencontre. Une tenue classe et féminine, un maquillage léger et discret, elle voulait être à son avantage car elle le sait, la première impression est parfois décisive. Et dans une société ou le paraître a pris une si grande importance, quelques petits efforts n’était pas de trop.

Mais pour Nawel, faire attention à son apparence n’avait pas seulement un caractère superficiel.

C’était aussi et surtout une question de respect de soi et des autres.

Apparemment, Djamel n’avait pas la même conception !Il n’avait pas du tout l’air d’avoir fait des efforts pour soigner son apparence à ce premier rendez vous. Et était même assez négligé …

Mais se qui frappa le plus Nawel c’était surtout le décalage entre la photo qu’elle avait pu apercevoir de lui sur son profil et le garçon qu’elle avait en face d’elle.

En effet la seule photo qu’elle avait vue de lui ne reflétait pas du tout la réalité. Elle eu d’ailleurs du mal à le reconnaitre !
C’est trompeur une photo… une belle pose, un bon éclairage, et le meilleur profil suffisent à embellir n’importe qui.

Ne jamais se fier à une photo !

Surtout que Djamel c’était décrit de manière assez avantageuse. N’hésitant pas à se rajouter des centimètres en plus. Mais qu’importe le physique !! Ce n’est pas le plus important, et Nawel se dit qu’il ne fallait pas s’arrêter à ça. Baser une relation sur le physique ce n’est pas la meilleure des choses à faire. Et puis après tout, elle voulait quand même lui donner sa chance. Il avait l’air si gentil. Et il s’entendait si bien tout les deux.

Se serait vraiment trop dommage de passer à coté d’un garçon avec qui elle accrochait, pour une histoire de physique.

Enfin face à face, ils ne pouvaient cacher leur gène. C’était assez étrange pour eux de se voir en vrai après toutes les conversations qu’ils avaient échangé. Pas évident de se retrouver face à quelqu’un qu’on à jamais vu de sa vie mais sur qui on sait tellement de chose et avec qui on a si souvent parlé.

Surtout quand, au fils de ces discussions, on c’est construit une image de l’autre et que l’être qu’on à en face de soi ne correspond pas tout à fait à l’image qu’on s’est faite.

Premier contact, premiers mots échangés, premiers pas hésitants. Fallait-il se faire la bise ? Se serrer la main ?

Nawel tendit sa main mais Djamel se pencha vers elle pour lui faire la bise. Un peu surprise et gêné elle le laissa faire.

Après les premiers mots de convenance qui s’imposent pour se saluer, ils décidèrent d’aller se poser dans un café. Djamel la guida vers un café à l’ambiance romantique ou apparemment il avait « l’habitude d’aller ». L’habitude d’aller ? Cela voulait-il dire l’habitude d’emmener ses conquêtes là bas? Ou les filles qu’ils avaient rencontrées par l’intermédiaire de ce site de rencontres?

Qu’importe… Le café était plutôt sympa, et coquet. Un endroit calme et tranquille ou ils pourraient converser de manière détendu, simplement éclairer par la lumière des bougies posés sur les tables.

La soirée se passa plutôt bien. Nawel est une fille qui a de la conversation, Djamel également. Ils avaient donc des tas de choses à se raconter sur eux, leur vie, leur boulot, leurs expériences passés.

Des sujets qui avaient plus ou moins été abordés lors de leurs nombreux échanges virtuels mais qui sont toujours intéressants à approfondir.

Premier contact plutôt positif, Djamel ne cacha pas à Nawel son impatience de la revoir et le soir même, lui envoya un texto pour lui dire à quel point il avait été séduit par son charme et son intelligence.

Ils décidèrent de se revoir le lendemain mais pour diner cette fois ci.

Elle se dit que peut être enfin elle était tombé sur le bon. Certes physiquement se n’était pas son « idéal » mais il était intéressant et cultivé. Il avait l’air gentil et sérieux, et pour elle, se sont des qualités indispensables pour un homme.

Cette fois ci, il passa la chercher en voiture pour l’emmener diner.

Elle était ravie de voir que ce garçon en plus des quelques qualités qu’elle avait pu apprécier chez lui, était également un homme galant.

Il l’emmena donc diner dans un restaurant sur Paris. Ils ne virent pas le temps passer et à la fin du repas il était déjà assez tard… Il était temps pour elle de rentrer avant que ses parents ne s’inquiètent et lancent un avis de recherche !!!

Djamel lui proposa alors de la raccompagner en voiture car il était déjà tard et c’était beaucoup plus sur que de prendre les transports en commun.

En sortant du restaurant, pendant qu’ils se dirigeaient vers la voiture pour rentrer, elle le remercia pour cette belle soirée. C’est alors que Djamel s’arrêta. Nawel lui demanda pourquoi il s’arrêtait. Il ne répondu rien et pencha doucement sa tète en avant. Doucement il rapprocha son visage du sien pour tenter de l’embrasser.

Nawel, dans un mouvement de reflexe recula d’un pas pour l’en empêcher.


« – qu’est-ce que tu fais ? » demanda t’elle
« – j’ai envie de t’embrasser ! » Répondit-il.

Nawel très gêné lui expliqua gentiment que c’était un peu tôt et qu’ils se connaissaient à peine.

« Il ya quelques jours nous étions de parfaits inconnus l’un pour l’autre, c’est un peu tôt pour ça, tu ne crois pas ? J’espère que tu me comprends et que tu ne m’en voudras pas mais je te connaît à peine.»

C’est vrai, après tout se n’était que la deuxième fois qu’il se rencontrait. Et Nawel ne pouvait concevoir l’idée d’embrasser un garçon au bout de 2 rendez-vous.

C’était inimaginable pour elle.

Il fit mine de comprendre. Et ils continuèrent de marcher jusqu’à la voiture. Arrivés devant la voiture, il dit à Nawel :

« Ça ne te dérange pas si je te laisse rentrer toute seule en transport, j’ai trop la flemme de te raccompagner je suis vraiment claqué ce soir et je préfère rentrer directement sans faire de détour»

Nawel surprise écarquilla les yeux, elle ne savait plus quoi répondre. Il y’eut un long silence.

Alors avec toute la fierté dont elle puisse faire preuve, elle le salua poliment pour lui dire au revoir et tourna les talons pour s’en aller en direction du métro. En se disant à elle-même que c’était la dernière fois qu’elle le reverrait.

Voila comment il la laissa en plan, en plein Paris à l’autre bout de chez elle, tard le soir… tout ça parce qu’il avait été vexé qu’elle ne se laisse pas embrasser.

Visiblement de nos jours certains mecs pratiquent la théorie du donnant/donnant. Et si on ne leur donne pas se qu’ils attendent, en contre partie ils peuvent se montrer de véritables goujats et perdre toute notion de galanterie.

Plus tard il lui envoya un texto pour lui dire qu’il n’avait « pas de temps à perdre » et que pour lui « ça n’allait pas assez vite »

Pas assez vite ??? Au bout de 2 rendez vous ? Mais qu’attendait- il exactement ? Ils se connaissaient à peine !

Visiblement il était plus habitué aux nanas qui lui donnaient tous tout de suite et le fait que Nawel lui résiste l’avait touché dans son orgueil de male !

Fini l’époque ou on prenait son temps pour apprendre à se connaître, ou on se séduisait, tout en gardant un mystère, ou la fille était inaccessible, difficile à avoir et ou l’homme devait faire des efforts pour la séduire.

Maintenant c’est l’époque « fast food »… les gens sont pressés, ils n’ont plus de temps à perdre, même en amour ! Et si au bout de quelques rendez-vous il ne c’est toujours rien passé, c’est que ça va trop lentement.

Et on zappe, on passe à la suite. On ne prend même plus le temps de tisser de vrais liens affectifs, une vraie complicité. Heureusement que tous le monde ne réfléchis pas comme ça.

Et puis je vais vous dire, Nawel n’a rien perdu… Des mecs qui se comportent comme ça des les premiers rendez-vous nous permettent à nous les femmes de faire un tri sélectif 😉

Chronique de Samira Aouam, avril 2008

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