Le Théâtre d’Elsa Schiaparelli : Haute Couture automne/hiver 2015-16

Sous l’élan d’un nouveau directeur du style, le créateur français Bertrand Guyon nommé en avril 2015, la maison Schiaparelli signe une collection Haute Couture source de vie et d’espoir.

Bertrand Guyon respecte les codes stylistiques d’Elsa Schiaparelli (mode fantastique et moderne avec les imprimés trompe-l’œil, le rose shocking ou les zips apparents) et signe une collection féerique. La collection raconte, et rend hommage, à la légendaire Elisa Schiaparelli, figure de la mode dans les années 30. Bertrand Guyon met en scène sa vie mondaine à travers » Le Théâtre d’Elsa ». Les soleils de la place Vendôme illuminent le Théâtre d’Elsa. Cette scène imaginaire, clin d’œil aux théâtres parisiens des années 1930, met en lumière des personnages étincelants de sensualité. L’épaule des vestes Schiaparelli est affirmée. Le perfecto est presque liquide en organza « rhodophane ». Les imprimés inspirés de Bérard et Vertès sont peints à la main sur l’organdi ou la mousseline. L’Iris Schiaparelli apparaît chatoyant dans la trame d’un brocart or ou multicolore en patchwork de fourrure.

Dès ses premières années de mode, Elsa Schiaparelli impose une allure audacieuse. Lignes sobres, silhouette verticale, noir et blanc fondateurs exacerbent une élégance absolue. Un lexique restreint où le masculin des tweeds, des écossais, de la jupe-culotte et des vestes portées sur des robes longues prend toute sa dimension. Cette quasi-retenue voire ascèse de moyens n’est qu’une facette de la force créative de Schiaparelli. Très vite, le noir et blanc des débuts se trouve chahuté par l’éclatant rose shocking. Schiaparelli embrasse la couleur avec gourmandise dans ses tonalités les plus franches, pastels ou subtiles. Le contraste des coupes presque minimalistes avec des matières luxueuses parées de broderies incandescentes atteint un équilibre de virtuose quand la maîtrise des savoir-faire Haute Couture pointe vers l’exubérance de Leigh Bowery.

Au delà de l’iris et du soleil, l’obsession d’Elsa atteint les plus petits détails : le cœur transpercé, le cadenas, la constellation de la Grande Ourse ou ses initiales se retrouvent sous forme de bijoux et autres pochettes du soir.

À noter que l’ambassadrice de la maison Schiaparelli est Farida Khelfa, un ancien mannequin franco-algérienne qui a dernièrement illuminé de sa présence Alger Fashion Week.

 

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