Premier Paradis : collection Julien Fournié Couture Printemps Été 2016

Le rythme apaisant des vagues sur une grève de sable blond cède à l’enchantement des mélodies des films d’aventure composées par John Barry. Clou de girofle, ambre, vétiver déploient leurs voluptés et annoncent des rivages tropicaux : Julien Fournié a transformé la nef de l’Oratoire du Louvre en un vaisseau voguant sur les eaux d’un océan allégorique à l’abordage d’un archipel imaginaire, paradisiaque et mystérieux.

L’élégance des habitantes de ces rivages s’y dessine d’abord dans la fraîcheur d’un imprimé sur lin blanc : grandes fleurs tropicales aquarellées s’imposent dans une charmante petite robe ajustée. Le pantalon cigarette ultra-fitté qui suit se porte avec une douce veste à croisure drapée couleur chair de papaye pour entraîner la gamme de couleurs puisée dans les roses vifs vers les orangés tendres. S’ensuivent toutes les couleurs des forêts tropicales océaniques : du rose saturé des fruits du dragon au violet des mangoustans au ou aux verts intenses des feuilles du philodendron, en passant par tous les tons francs des strelitzias, des hibiscus ou les reflets des lagons.

La chevelure opulente, digne des plus troublantes héroïnes de films d’aventure anglo-saxons des années 1960 et 1970, les femmes fatales du paradis Fournié invoquent la Jacklyn Smith des « Drôles de Dames » ou la Jacqueline Bisset de « The Deep » tout en s’autorisant la toile de jean, pourvu qu’elle soit taillée dans des découpes qui flattent la féminité. De même, la basque amovible d’une redingote en jean, puis en brocart lagon, se pressionne aussi sur un fourreau taillé dans le même crêpe fuchsia. Mais ce n’est pas ici la seule évocation du tailleur dans le flou. A plusieurs reprises, le couturier crée un double pli à l’encolure et autour du décolleté pour évoquer, comme en filigrane, le travail du tailleur dans ses grandes robes.

Les jacquards comme les broderies modernisent encore le propos en évoquant des efflorescences asiatiques dans une vision fragmentée. Le traitement graphique des brochés dans des alliances chromatiques saisissantes s’ennoblit de broderies tridimensionnelles aux éclats métalliques coordonnés qui remplacent les bijoux du créateur. Fleurs et feuilles d’oiseaux de paradis recréées en tissu ou en perles de verre mattes viennent çà et là agrémenter les tenues. Jusqu’à la robe de mariée finale, volume taillé dans le même lin imprimé d’orchidées que la robe de cocktail d’ouverture. Elle se porte avec un boléro coordonné entièrement rebrodé de sequins transparents, pour un effet rafraîchissant de rosée, hérissé d’un essaim d’éclats de cristal.

 

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