Santé mentale des enfants : Un réseau pour détecter les troubles psychiques

Une première dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Une initiative à saluer et qui devrait faire des émules au niveau national. Le 8 mai dernier, la Direction de la santé de Tizi-Ouzou a mis en place un réseau de prise en charge de la santé mentale chez l’enfant, et ce, au lendemain de la série de suicides enregistrée chez ces jeunes âmes fragiles et ô combien vulnérables à la moindre petite contrariété.

Un réseau au sein duquel activeront des spécialistes pédagogiques, ceux des affaires religieuses et enfin des psychologues qui auront comme mission de détecter les enfants pouvant présenter des troubles mentaux tels que l’irritabilité, l’isolement, la violence afin de les orienter et d’anticiper toute tentative ou envie de suicide. Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il est urgent de se pencher sur ces troubles et ces perturbations qui peuvent nuire à la santé mentale des enfants, et dont l’origine, selon eux, est due essentiellement au stress et à la violence en milieu scolaire. Les châtiments administrés par les enseignants, les moqueries et violences verbales orchestrées par les camarades, banalisées et même tolérées dans les écoles feront naître une forme de frustration permanente chez l’élève et auront des répercussions parfois dramatiques sur son avenir en créant en lui des troubles psychiques et lui feront faire quelquefois même le geste fatidique.

Les enseignants et les parents devraient être plus attentifs à toute manifestation anormale, violente et inhabituelle chez ces jeunes enfants. Ce réseau mis en place dans la wilaya de Tizi-Ouzou ambitionne justement à sensibiliser les parents pour qu’ils puissent reconnaître les signes annonciateurs d’un trouble mental chez leurs enfants, et éviter de ce fait des complications graves pouvant aboutir au suicide de l’enfant. Ce réseau a été mis en place au lendemain du suicide de trois enfants, âgés entre 11 et 13 ans, en mars dernier, dans la wilaya.

Et pour plus d’efficacité, le réseau s’appuiera dans son travail de proximité sur les 40 unités de soins (UDS) existant au niveau des établissements scolaires, qui sont dotées de psychologues. En vue de bénéficier du traitement adéquat, l’enfant souffrant d’une pathologie mentale sera, lui, orienté vers l’établissement hospitalier spécialisé en psychiatrie. Belle initiative! Il serait toutefois plus judicieux de mettre en place ce genre d’aide et d’assistance au niveau de chaque établissement scolaire et au niveau national, plus particulièrement dans les grandes villes où le stress est plus évident.

Les signes d’un mal-être chez l’enfant sont là ; des signes qu’il faut prendre pour de véritables appels au secours de la part de ces enfants dont les comportements renseignent déjà sur la souffrance qui les ronge et qui peut finir par pousser l’enfant à passer réellement à l’acte de suicide. Une première qu’il faudrait donc généraliser.

20/05/12
Crédit photo : elmoudjahid.com – Farida Larbi

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