Symbolique de la circoncision en Algérie

La circoncision est une pratique traditionnelle et séculaire rigoureusement observée dans la société algérienne. Selon les régions et les coutumes, on ne circoncis pas un garçon au même âge : dans les régions berbères, on préfère attendre que le fils atteint l’âge de quatre ou cinq ans alors que dans d’autres régions, l’enfant peut être circoncis quelques semaines après sa naissance. D’un point de vue islamique, il est préférable de circoncire l’enfant dès son plus jeune âge.

Nous allons vous expliquer comment le petit garçon vit cet événement majeur dans son existence en nous appuyant sur les travaux de Chorfi Mohamed Séghir, maître de Conférences à l’Université de Constantine.

La circoncision est un rite de socialisation, mais également un moment de fête qui célèbre la nouvelle place de cet enfant dans la société. Ce dernier est convaincu que par la circoncision il s’affranchira de la sphère enfantine pour s’assurer la place qui lui revient dans la société des hommes.

La circoncision touche à trois sphères importantes de la vie : l’appartenance à l’islam, le changement de statut et le respect de la tradition.

L’APPARTENANCE A L’ISLAM

La circoncision est une tradition chez les musulmans. Il est très rare de voir un enfant circoncis après sept ans, car c’est à partir de cet âge que l’enfant doit faire la prière. Et il doit la faire “en musulman accompli“. L’islam se veut “religion et gouvernement”

il crée une relation entre l’individu et Dieu, par l’intermédiaire de la foi, des piliers canoniques et des bonnes œuvres, mais il veut aussi structurer l’organisation sociale, économique et politique de l’individu. Il détermine les relations et les échanges humains. Le droit musulman réglemente le mariage, le divorce, la polygamie, il édicte les principes fondamentaux de l’éducation de l’enfant, etc. Plusieurs pratiques maraboutiques et magiques, et certaines traditions propres à la culture bérbéro-algérienne viennent se surajouter, se greffer à la religion, ce qui renforce parfois les déformations dans son application à la vie.” explique Chorfi Mohamed Séghir.

CHANGEMENT DE STATUT

Ce deuxième référent semble constitué l’aboutissement logique du premier. La circoncision permet à l’enfant de devenir un homme. Le garçon, bien que possédant un pénis, le différenciant de la fille, est d’une certaine manière considéré comme un être asexué et «irresponsable », la circoncision viendrait alors concrétiser sa masculinité. De cette manière, l’enfant circoncis concrétise sa masculinité et acquiert le sens des responsabilités. Il se détache un peu de sa mère et de son père, il a ainsi plus de liberté.

LE RESPECT DE LA TRADITION

Respecter la tradition demande une obéissance aux valeurs sociales et morales de la société. Pour le garçon, cela signifie s’inscrire dans une filiation au niveau social. Le mot tradition, en arabe, est dérivé du mot imiter, c’est donc une imitation de nos ancêtres. La circoncision s’insère dans ses règles.

Aussi, une circoncision est l’occasion de faire la fête, de voir les membres de la famille, de rigoler, de plaisanter. Le cérémonial de la circoncision est l’occasion pour le garçon de connaître les rapports entre hommes et femmes et la place de l’homme dans la société.

Sur le plan psychologique, la circoncision est vécue comme une affirmation virile de soi, elle s’intègre dans le processus normal du développement de sa personnalité.

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