Tlemcen, ancienne cité impériale

Tlemcen est située à plus de 800 m d’altitude à l’ouest de l’Algérie, plus exactement à 140 km au Sud Ouest d’0ran, à 63 km de la frontière marocaine et à 550 km d’Alger. La ville que nous connaissons aujourd’hui est née aux environs du XII° siècle par l’association de deux villes, à savoir Agadir et Tagrart.

Situation historique de la ville

Cette dernière a été fondé à cette même période alors que la ville d’Agadir est beaucoup plus ancienne. On ne sait d’ailleurs pas à quelle date elle fut fondée.
Le nom antique d’Agadir est Pomaria. Tagrart fût fondée à l’avènement de l’islam au Maghreb.
Cette ville aurait compté jadis, une centaine de mille âmes, sur cette cité qui au moyen âge, vit fleurir dans ses murs une remarquable civilisation.
“C’est entre les mérites d’ancienne capitale d’Etat, de ville aux ruines antiques et encore admirables, de cité où vécurent au moyen âge une foule de poètes et d’artistes, de marché où se côtoyèrent les commerçants de tout le bassin méditerranéen et du Sahara, Tlemcen a encore un titre de gloire et de grandeur : elle est, en quelque sorte, la métropole du maraboutisme maghrébin, la “Médine de l’Occident” a ditYahiya Ibn Khaldoun.

Origine des Zianides de Tlemcen

Il y a deux hypothèses qui s’offrent à nous. Les Zianides seraient les descendants d’El Qâsim qui sont descendant des Idriss. Une autre hypothèse nous laisse entendre que leur présence dans le Maghreb serait antérieure à l’Islam. En effet, “Beni Abd el Wad” signifie étymologiquement les serviteurs de la vallée, et il se trouve que depuis une époque très reculée, les “Beni Abd el Wad” se trouvaient dans le massif des Aurès au moment de la première conquête musulmane. On sait que les Abd el Wadid avaient un sens de l’organisation poussée. Sous leur règne, Tlemcen connu une grande notoriété. Nous avons un témoignage de Ch. Brosselard qui rendit un vibrant hommage aux Zyanides de Tlemcen de par leur grandeur et leur distinction :

“Ils laissèrent une trace brillante de leur passage, se distinguant par leur esprit d’entreprise, leur bravoure chevaleresque dans les combats, une politique habile et tolérante, et par la protection aussi généreuse qu’éclairée qu’ils accordaient au commerce, aux sciences, aux arts et aux lettres. Quelque chose de considérable nous frappe à leur égard, c’est qu’ils poursuivirent avec une invincible opiniâtreté la réalisation d’un grand dessein qui consistait à organiser un Etat autonome dans des limites géographiques bien définies”. Brosselard la définie comme”La mieux policée et la plus civilisée de son époque”.

Ancienneté de Tlemcen

Tlemcen est composée de deux villes aujourd’hui réunies par un rempart unique ; l’une d’elle, Agadir, est ancienne. On prétend qu’une partie de ces murs datent d’El Khid’r et que son origine remonte au temps d’un pharaon égyptien.
“Le sage Abou’ L’Hassan el Mayoûrqi (de Majorque), l’une des notabilités de Tlemcen nous enseigne que le juriste Abou ‘Abd Allah Moh’ammed lui avait dit : “Un jour, que j’étais en train de discuter avec un célèbre juriste du Caire sur les différents pays, la conversation vint à tomber sur Tlemcen. Mon interlocuteur me présenta, alors, un recueil historique qu’il avait chez lui et dans lequel il était dit que Tlemcen était une ville considérable de l’extrême Occident et que le prophète de Dieu, Solaïman, fils de David – Le Salut soit sur eux deux – s’y était arrêté et y était resté pendant 1 mois.”
La ville de Tagrart fut fondée par Lamkoûna (des Almohavides) Yousof Ben Tachfin en 1070, à l’endroit même où il dressa son camp, le gouverneur et les défenseurs Zenata ayant été massacrés. Tagrart signifie précisément “station” en langue berbère selon Ibn Khaldoun. Cette nouvelle ville allait devenir le nouveau centre du négoce à Tlemcen, au détriment d’Agadir qui resta malgré tout la ville historique.
L’historien Ibn el-Athîr nous dit qu’entre Tagrart, la ville militaire, et Agadir, la ville ancienne, il y a la distance de “quelques bonds de cheval”. Cette mesure imagée nous permet de constater une sorte de “no man’s land” qui séparait les deux villes. En 1846, Le bon abbé Bargès trouva les vestiges des remparts d’Agadir qui ont été démolis à une époque plus ou moins éloignée de cette date.

Les autres rois de Tlemcen

Il y a un roi qui a marqué l’histoire de cette ville. C’est Abou H’ammou II, il fût de tous les souverains ‘Abd el Wadides, celui qui contribua le plus à la grandeur littéraire de Tlemcen. C’est le petit fils de Yaghmorassan. Il répara les remparts de sa capitale (à la suite du siège mérinide qui fit beaucoup de dégâts), fit creuser le fossé de circonvolutions, accumula des provisions dans les silos et garnit les caisses du trésor public. Il reprit ensuite la politique d’expansion de la vallée de Chélif et passa jusqu’à Constantine et Bougie. Il réussit même à maintenir les Mérinides au delà de Oujda.
Il y eu ensuite le règne du Sultan Abou Tachfin, fils d’Abou H’ammou. Il fut un prince chez qui la gaîté de caractère n’excluait ni la fermeté ni la dignité : il était également “pourvu de la noblesse de la race et de celle du coeur”. Il augmenta le trésor public, ce monarque aimait aussi se donner aux sensations de bonheur. Il embellit sa capitale de palais et de châteaux nombreux. Aussi, à l’appel des tribus arabes révoltées contre le Calife hafcide, il assiégea Bougie et Constantine, puis fonda dans la vallée de la Soummam une place forte, Tanzizdikt, à une journée de marche de Bougie. Il mourra en 1293. Il eut une grande importance dans l’histoire du maghreb.
Le Royaume fut ensuite gouverné par deux sultans frères, qui sont Abou Saïd et Abou Tsabit, arrière petits fils de Yaghmorassan. A eux deux, ils réussirent à contrôler leurs ennemis, et ils ont fait preuve d’une grande capacité d’organisation.
La cité de Tlemcen

Source : Cité de Tlemcen

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