Un escarpin à talon moyen, une bride fine, un cuir qui ne crie pas sa marque. Les souliers Michel Vivien ont longtemps été un nom qu’on se passait entre initiées à Paris, loin des logos des grandes maisons. Puis une rumeur a circulé : la marque aurait fermé en février 2023.
Mais la réalité est plus nuancée, et elle compte si tu envisages d’acheter une paire, neuve ou d’occasion. J’ai vérifié qui est le créateur, ce que la marque fabrique, et ce que disent les registres officiels de sa situation. Que tu vives à Paris ou à Constantine, voici de quoi décider en connaissance de cause.
En bref : je retiens un créateur français passé par de grandes maisons, une marque lancée à la fin des années 1990 et des souliers fabriqués en Italie. On lit souvent que la marque a fermé le 14 février 2023. C’est inexact : c’est la boutique du Faubourg Saint-Honoré qui a été fermée administrativement ce jour-là, la société qui porte la marque reste en activité.
Qui est Michel Vivien, créateur de souliers ?

Michel Vivien est un créateur français de chaussures pour femmes, formé aux Beaux-Arts de Paris selon le magazine Numéro. Avant de lancer sa marque, il a dessiné pour d’autres : un revendeur parisien qui le distribue cite Charles Jourdan, Sergio Rossi, Lanvin ou Michel Perry. Sa griffe date de 1998 ou de 1999, selon les sources.
Or cette divergence de date dit bien le côté discret de la maison.
Michel Vivien n’a jamais construit un empire. Il dessine à Paris, puis part en Italie où les prototypes sont patronnés, coupés, piqués et montés, avant les essayages à Paris, comme il le racontait à The Socialite Family. Sa formule tient en trois mots qu’il répète : qualité, confort, élégance. À l’époque de cet entretien, il travaillait dans un ancien atelier de forgeron rénové, dans le 11e arrondissement. Cette échelle artisanale explique à la fois la réputation de ses modèles et leur faible visibilité hors de Paris. Je trouve cette discrétion rafraîchissante, à l’heure où tant de marques vivent de leur logo.
Ce calcul n’a de sens que si tu portes vraiment la paire. Un soulier qui dort dans un placard coûte cher, quel que soit son prix.
La marque Michel Vivien a-t-elle fermé ?

Non, pas d’après les registres officiels. Dans l’Annuaire des entreprises de l’État, l’établissement à l’enseigne Michel Vivien du 70 rue du Faubourg Saint-Honoré est bien noté « fermé le 14/02/2023 ». Mais la société qui l’exploitait, spécialisée dans le commerce de détail de la chaussure, apparaît toujours « en activité », avec son siège dans le 11e arrondissement de Paris.
Pourtant, plusieurs sites ont titré sur la fermeture de la marque.
La confusion vient d’une capture d’écran de ce registre, lue trop vite. Un établissement, c’est une adresse, une boutique. La société, c’est l’entité qui porte la marque. Quand une boutique ferme, la marque peut continuer à vendre ailleurs, en ligne ou chez des revendeurs. Le site de la marque a d’ailleurs publié une collection automne-hiver 2023-2024, après cette date. Je n’ai pas pu vérifier l’état actuel de la boutique en ligne, protégée au moment de ma vérification, donc je ne peux pas te dire ce qui est en stock aujourd’hui.
💡 Le saviez-vous ?
La boutique du Faubourg Saint-Honoré, première adresse parisienne de la marque, avait été aménagée par l’architecte Sophie Dries, avec une grande vague de bois de 15 mètres le long d’un mur. Numéro la présentait en juin 2021. Moins de deux ans plus tard, l’établissement était fermé au registre.
Pour t’y retrouver, voici ce qui est vérifié, et où.
Michel Vivien, les repères vérifiés
| Repère | Ce qu’on sait | Source |
|---|---|---|
| Création de la marque | 1998 ou 1999 selon les sources | The Socialite Family, Numéro |
| Fabrication | En Italie, dessins à Paris | The Socialite Family |
| Boutique Faubourg Saint-Honoré | Présentée en juin 2021, fermée au registre le 14 février 2023 | Numéro, Annuaire des entreprises |
| Société exploitante | En activité, siège à Paris 11e | Annuaire des entreprises |
| Dernière collection repérée | Automne-hiver 2023-2024 | Site de la marque |
Que valent ses souliers, concrètement ?
Ils valent surtout par leur fabrication italienne et un dessin classique qui vieillit bien : escarpins, sandales à talon moyen, modèles à bride. Je n’ai trouvé aucune étude indépendante sur leur confort ou leur durabilité, donc je m’en tiens à ce qui se voit. Le cuir, le montage et les finitions se jugent en main, pas sur une fiche produit. Pour comparer avec un chausseur français qui vend surtout en ligne, lis notre avis sur Bexley.
Et certaines fiches en ligne prêtent à la marque des qualités impossibles à vérifier.
On y croise des tableaux de modèles avec des prix au centime, sans date ni source, et des promesses de confort « garanti ». Méfie-toi de ces listes. Les prix d’un créateur bougent selon la saison, le revendeur et l’état d’une paire d’occasion, et un tableau figé induit en erreur. Si tu tombes sur une paire, en boutique multimarque ou en dépôt-vente, regarde l’intérieur, la semelle et les coutures. Vérifie l’étiquette de fabrication. Et marche quelques minutes avant de payer, sur un sol dur si possible.
✅ Les plus
- Un créateur au parcours réel, passé par de grandes maisons
- Une fabrication italienne revendiquée et documentée
- Des formes classiques qu’on porte des années
⚠️ Les moins
- Une disponibilité incertaine depuis la fermeture de la boutique parisienne
- Un positionnement haut de gamme qui pèse sur le budget
- Peu de points de vente hors de France, aucun en Algérie à ma connaissance
Mon avis : je chercherais une paire en dépôt-vente ou chez un revendeur sérieux, plutôt qu’en neuf à tout prix.
Reste la question pratique : où et comment acheter une paire.
Comment acheter une paire sans se tromper, en France ou depuis l’Algérie ?
En France, le plus simple reste les revendeurs multimarques qui distribuent le créateur et les dépôts-ventes de luxe, où l’on peut essayer. Les plateformes de seconde main comme Micolet et ses créateurs d’occasion valent aussi un coup d’œil. Depuis l’Algérie, l’achat passe par une commande en ligne ou par une proche de la diaspora, avec les frais de livraison et de douane à vérifier avant de payer.
Cependant, la seconde main a ses propres pièges.
Une annonce sans photo de l’intérieur ni de la semelle doit te faire hésiter. Demande la pointure italienne exacte, car elle ne tombe pas toujours comme une pointure française. Méfie-toi des prix très bas sur des sites inconnus, surtout depuis que la boutique parisienne a fermé : c’est le terrain idéal pour des pages qui imitent une marque disparue des radars. Pense aussi à l’usage réel. Un escarpin à talon fin supporte mal les trottoirs abîmés et la chaleur d’août, alors qu’un talon moyen tiendra un mariage ou une fête de l’Aïd sans te faire souffrir toute la soirée.
🤔 Pour qui, vraiment ?
Pour celle qui cherche une ou deux paires classiques à garder longtemps, et qui peut les essayer avant d’acheter. Pas pour celle qui veut suivre les tendances de la saison, ni pour celle qui devrait commander à l’aveugle depuis l’étranger, sans retour possible.
Un dernier réflexe t’évitera bien des déceptions.
🚫 Piège classique
Payer le nom plutôt que la paire. Une chaussure de créateur mal taillée pour ton pied restera dans le placard. Juge le cuir, le montage, la semelle et le maintien du talon, puis seulement la griffe.
Si tu cherches d’autres pistes chaussures, notre comparatif Bayton ou Birkenstock aide à choisir une sandale confortable. Pour un style plus masculin-féminin, lis nos conseils sur comment porter des derbies. Et avant de commander sur un site inconnu, jette un œil à notre liste des sites de vêtements à éviter. Un achat réfléchi vaut mieux qu’un coup de cœur sur une publicité.
Questions fréquentes
La marque Michel Vivien existe-t-elle encore ?
D’après l’Annuaire des entreprises, la société qui porte la marque est toujours en activité. C’est la boutique du 70 rue du Faubourg Saint-Honoré qui a été fermée au registre le 14 février 2023. Je n’ai pas pu vérifier l’état actuel de la boutique en ligne.
Où sont fabriquées les chaussures Michel Vivien ?
En Italie. Le créateur dessine à Paris, puis les prototypes sont patronnés, coupés et montés en Italie, avant les essayages à Paris.
Où trouver des chaussures Michel Vivien aujourd’hui ?
Chez certains revendeurs multimarques en France et dans les dépôts-ventes de luxe, en neuf ou en seconde main. Vérifie toujours la fiabilité du vendeur, les photos de l’intérieur et de la semelle, et la pointure exacte.
Qui est Michel Vivien ?
Un créateur français de souliers pour femmes, formé aux Beaux-Arts de Paris, qui a dessiné pour d’autres maisons avant de lancer sa propre marque à la fin des années 1990.



