Meryem Benm’Barek, réalisatrice marocaine de Sofia : parcours, films et prix

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Écrit par Iriya

22 avril 2025

Une jeune femme de Casablanca a mal au ventre pendant un repas de famille. Quelques heures plus tard, elle accouche, sans mari et sans l’avoir dit à personne. C’est le point de départ de Sofia, le premier long métrage de Meryem Benm’Barek, primé à Cannes en 2018.

Sur un site qui parle surtout d’Algériennes, précisons d’emblée que Meryem Benm’Barek est marocaine, née à Rabat. Mais son cinéma touche des questions que beaucoup de familles du Maghreb et de la diaspora connaissent, alors il a toute sa place ici. Je reprends son parcours avec des faits vérifiés, et je retire ce qui ne l’était pas.

En bref : je retiens que Meryem Benm’Barek est une cinéaste marocaine née en 1984 à Rabat, formée à Paris puis à l’INSAS de Bruxelles. Son film Sofia a reçu le prix du scénario dans la section Un Certain Regard à Cannes en 2018. Son deuxième long métrage, Derrière les palmiers, tourné à Tanger, est sorti en France le 1er avril 2026.

Meryem Benm’Barek est-elle marocaine ou algérienne ?

Meryem Benm’Barek est marocaine. Elle est née en 1984 à Rabat, et ses films se déroulent au Maroc, à Casablanca pour Sofia et à Tanger pour Derrière les palmiers. Aucune source sérieuse ne lui attribue d’origine algérienne, et cette page ne l’a jamais présentée comme telle.

Pourtant, tu la trouveras parfois classée comme « réalisatrice française ».

L’explication tient à la production. Ses films sont en grande partie financés par des sociétés françaises, et les catalogues du cinéma les rattachent donc à la France. Unifrance, l’organisme qui promeut le cinéma français à l’étranger, la range ainsi parmi les cinéastes français. Sa naissance, elle, reste marocaine. Retiens que la nationalité d’un film et l’origine de sa réalisatrice ne se confondent pas. La même confusion revient pour d’autres artistes, comme l’actrice Sofia Boutella, née à Alger et installée à Los Angeles.

Regarder Sofia en famille : on se pose les bonnes questions

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Quel parcours l’a menée au cinéma ?

Après Rabat, Meryem Benm’Barek étudie la langue et la civilisation arabes à l’INALCO, à Paris, et prend des cours de théâtre au cours Florent. Elle entre ensuite à l’INSAS de Bruxelles, en section réalisation. Son film de fin d’études, le court métrage Jennah, date de 2014.

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Et ce court métrage a fait beaucoup de chemin.

Jennah remporte le grand prix du meilleur court métrage au festival de Rhode Island, aux États-Unis. Ce prix le rend admissible à la course aux Oscars 2015. Certaines biographies parlent d’une « participation aux Oscars », ce qui exagère la réalité : admissible ne veut pas dire nommé. Elle signe aussi d’autres travaux plus confidentiels, dont un essai filmé, After Shave, et un documentaire, Penthésilée. Ce parcours entre langues, scène et réalisation se sent dans ses dialogues très écrits.

💡 Le saviez-vous ?

Sofia ne dure que 80 minutes. Le rôle-titre est tenu par Maha Alemi, face à Lubna Azabal, que tu as peut-être vue dans Incendies de Denis Villeneuve.

De quoi parle Sofia, son film primé à Cannes ?

Sofia suit une jeune femme de Casablanca qui découvre sa grossesse au moment d’accoucher. Au Maroc, les relations hors mariage sont interdites par la loi, et sa famille doit trouver une issue avant que tout se sache. Le film a reçu le prix du scénario à Un Certain Regard, à Cannes, en 2018.

Or le vrai sujet dépasse la grossesse.

Meryem Benm’Barek filme surtout les rapports de classe. La famille de Sofia négocie avec celle du père présumé, et chaque camp pèse ce qu’il peut perdre en réputation et en argent. Les femmes ne sont pas seulement victimes, certaines tiennent les ficelles. J’aime ce refus du portrait simpliste. Il oblige le public, au Maghreb comme en France, à regarder ce que chacun protège vraiment.

Meryem Benm’Barek en quelques repères

AnnéeŒuvre ou étapeCe qu’il faut savoir
1984Naissance à RabatNationalité marocaine
2014JennahCourt métrage de fin d’études à l’INSAS, primé à Rhode Island
2018SofiaPrix du scénario, Un Certain Regard, Cannes, puis prix du scénario à Angoulême
2025Derrière les palmiersEn compétition au Festival international du film de Marrakech
2026Derrière les palmiersSortie en salle en France le 1er avril

Que raconte Derrière les palmiers, son deuxième long métrage ?

Derrière les palmiers se passe à Tanger. Mehdi, un jeune homme en couple avec Selma, voit sa vie bousculée par sa rencontre avec Marie, une jeune Française aisée dont les parents viennent d’acheter une villa dans la casbah. Le film réunit Driss Ramdi, Nadia Kounda, Sara Giraudeau et Carole Bouquet.

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Cependant, n’y cherche pas une carte postale.

Le titre joue sur l’image du Maroc de vacances, celui des palmiers et des riads rénovés. Derrière, la réalisatrice regarde ce que l’argent venu d’ailleurs change dans une ville, dans un couple et dans les rapports entre Marocains et étrangers. Ce thème parlera à beaucoup de lectrices, qu’elles vivent à Alger, à Oran ou en banlieue parisienne. Le film a été présenté en compétition à Marrakech en 2025, avant sa sortie française au printemps 2026. Côté distribution en Algérie, rien ne garantit une sortie en salle, donc surveille les festivals et les plateformes.

✅ Ce que j’apprécie

  • Des sujets de société traités sans caricature
  • Des personnages féminins complexes, jamais réduits au rôle de victime
  • Un regard attentif aux rapports d’argent et de classe

⚠️ Ce qui peut dérouter

  • Des films durs, qui ne laissent pas toujours d’espoir
  • Un rythme sec qui demande de l’attention
  • Une diffusion limitée hors de France et du Maroc

Mon avis : c’est un cinéma qui se regarde lentement et se discute longtemps. Garde-le pour un soir où tu as l’esprit libre, il ouvre de vraies conversations.

Pourquoi son cinéma parle aussi aux Algériennes ?

Parce que les questions qu’elle pose traversent tout le Maghreb : la réputation familiale, le poids du mariage, l’écart entre milieux sociaux. Une lectrice algérienne reconnaîtra des scènes vues chez elle ou chez des voisines, même si le décor est marocain. Et en France, la diaspora y retrouve des débats de salon familiaux bien réels. Côté tunisien, le film Un fils, porté par l’acteur Sami Bouajila, creuse lui aussi le poids des secrets de famille.

Mais attention à ne pas tout confondre.

Chaque pays a ses lois, son histoire et ses codes, et le droit marocain décrit dans Sofia n’est pas celui de l’Algérie. Ce qui rapproche, c’est la pression sociale sur les femmes, plus que les textes. Regarder ces films, c’est aussi l’occasion de parler transmission avec ses filles ou ses nièces. Qu’est-ce qu’on garde des traditions familiales, et qu’est-ce qu’on refuse désormais ? Ce genre de discussion vaut plus qu’une liste de conseils.

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🤔 Pour qui, vraiment ?

Pour les cinéphiles et pour celles qui aiment les films qui dérangent un peu. Si tu cherches une comédie légère pour une soirée entre copines, garde Sofia pour un autre jour.

Méfie-toi aussi des fiches qui lui prêtent une agence ou des ateliers dont je n’ai trouvé aucune trace.

🚫 Erreur courante

Mettre toutes les réalisatrices du Maghreb dans le même sac. Marocaine, algérienne ou tunisienne, chaque cinéaste parle depuis un pays précis, avec ses lois et son histoire.

Pour un autre regard de femme derrière la caméra, lis notre portrait de Yamina Benguigui, réalisatrice, qui a filmé la mémoire de l’immigration maghrébine en France. Côté actrices, tu peux parcourir les films de Leïla Bekhti, qui jouent souvent sur les mêmes tensions familiales. Et pour une voix féminine plus mordante, découvre la caricaturiste Nadia Khiari et son chat Willis.

Questions fréquentes

Meryem Benm’Barek est-elle algérienne ?

Non, elle est marocaine. Elle est née en 1984 à Rabat. Certains catalogues la classent parmi les cinéastes français parce que ses films sont surtout produits en France.

Quel prix a reçu le film Sofia ?

Sofia a reçu le prix du scénario dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2018. Il a aussi obtenu le prix du scénario au Festival du film francophone d’Angoulême la même année.

Où a-t-elle étudié le cinéma ?

Elle a étudié la réalisation à l’INSAS de Bruxelles, après des études d’arabe à l’INALCO et du théâtre au cours Florent, à Paris. Son court métrage de fin d’études s’appelle Jennah.

Quand sort Derrière les palmiers ?

Le film est sorti en salle en France le 1er avril 2026, après une sélection en compétition au Festival international du film de Marrakech en 2025. Sa diffusion en Algérie n’est pas annoncée à ce jour.

Comment transformer ce rêve en opportunité pour la relation de couple ?

Un couple unis par une curiosité insatiable et un goût prononcé pour le style de vie moderne.

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