Boudjemaa Agraw, chanteur kabyle : du groupe Agraw avec Takfarinas à la carrière solo

User avatar placeholder
Écrit par Iriya

22 avril 2025

Dans certaines fêtes de Petite Kabylie, il suffit d’un refrain de « Ul-iw yedduqus » pour que les tantes se lèvent et que les plus jeunes sortent leur téléphone. Beaucoup connaissent la chanson. Beaucoup moins savent qui l’a portée, et comment un chanteur né à Semaoun s’est retrouvé à former un groupe à Paris avec Takfarinas.

Boudjemaa Agraw fait partie de ces voix que l’on écoute depuis longtemps sans toujours connaître leur histoire. Sur Internet, son parcours circule avec pas mal d’approximations, des albums qui n’existent pas aux tournées jamais documentées. Je te propose de repartir des faits vérifiables, que tu vives à Béjaïa, à Alger, à Saint-Denis ou à Montréal.

Ce qu’il faut retenir : je retiens un chanteur kabyle né en 1952 près de Chemini, révélé à la radio algérienne dans les années 1970, puis installé en France en 1980. Il a fondé le groupe Agraw avec Takfarinas au début des années 1980, avant une carrière solo lancée avec « Made in Algeria » en 1984. Les dates exactes de la formation et de la séparation du duo varient selon les sources, et je te le signale à chaque fois.

Qui est Boudjemaa Agraw ?

Boudjemaa Agraw, de son vrai nom Boudjemâa Ouddane, est un chanteur d’expression kabyle. La Dépêche de Kabylie le dit né le 27 décembre 1952 à Semaoun, un village de la commune de Chemini, dans la wilaya de Béjaïa. Il a commencé à la radio au début des années 1970 et a fait la plus grande partie de sa carrière discographique en France.

Son nom de scène vient de son premier groupe.

À ses débuts, il chante en amateur sur la Chaîne 2, la radio d’expression amazighe, sous le nom de Semâouni Boudjemâa, en référence à son village. C’est une trajectoire que connaissent bien les familles de la région de Béjaïa, où la radio a longtemps servi de première scène aux chanteurs de village. Or la Chaîne 2 n’offrait ni contrat ni tournée, seulement une audience. Il sort ensuite un premier 45 tours, puis part pour la France en 1980, comme beaucoup de jeunes Kabyles de sa génération. Ce départ change tout, parce que Paris offre à l’époque des studios, des labels et un public immigré qui achète des cassettes. Quelques années plus tard, le raï prendra le même chemin vers la France avec le chanteur Cheb Khaled.

Par quoi commencer l’écoute ?

Une porte d’entrée parmi d’autres, à toi de continuer.

Comment est né le groupe Agraw avec Takfarinas ?

Le groupe Agraw naît à Paris au début des années 1980, autour de Boudjemaa et de Takfarinas, de son vrai nom Hacène Zermani. Selon son propre récit, tout part d’un concert à l’Olympia avec Idir en 1980, où les deux jeunes chanteurs interprètent deux chansons ensemble. Le succès pousse leur entourage à les réunir en groupe.

Lire aussi :  Rita Johal origine : ce qu'on sait vraiment de ses racines familiales

Mais la date de fondation varie d’une source à l’autre.

Discogs parle de 1979, la fiche anglaise de Takfarinas sur Wikipédia de 1981, d’autres sources du début des années 1980. Le premier album du duo sort en 1982, avec « Leswar zzin » comme titre phare, et un deuxième suit selon plusieurs biographies. Je trouve ces écarts normaux pour une scène qui s’est surtout construite en cassettes, loin des archives des grandes maisons de disques. Pour toi qui cherches une date à citer, retiens le début des années 1980 et l’album de 1982, qui font consensus. Le reste mérite toujours une petite réserve.

💡 Le saviez-vous ?

Le mot « Agraw » est resté attaché à Boudjemaa bien après la séparation du duo. Il a gardé le nom du groupe comme nom de scène, alors que Takfarinas a mené sa propre carrière sous son pseudonyme.

Cette séparation, justement, mérite qu’on la raconte sans roman.

Pourquoi Boudjemaa et Takfarinas se sont-ils séparés ?

Les biographies algériennes évoquent une séparation à l’amiable, liée à deux visions de la musique. Boudjemaa voulait des textes à portée sociale, Takfarinas cherchait un son plus neuf et plus dansant. La date diverge encore : 1983 pour la Dépêche de Kabylie, 1985 pour Wikipédia, qui cite ensuite l’arrivée de Karim Tizouiar, dit Karim T, pour une courte période.

Et chacun a ensuite trouvé son public.

Takfarinas est devenu l’un des noms les plus connus de la chanson kabyle festive. Boudjemaa a suivi une voie plus discrète, plus proche de la chanson à texte. Il n’y a pas de gagnant dans cette histoire, seulement deux façons de faire vivre une même langue. Je me méfie des récits qui opposent les deux hommes, parce qu’aucune source sérieuse ne parle de brouille. Ce genre de rivalité inventée fait des clics, pas de l’histoire.

Boudjemaa Agraw en quelques repères

AnnéeÉtapeÀ noter
1952Naissance à Semaoun, commune de Chemini (Béjaïa)Date donnée par la Dépêche de Kabylie
Années 1970Débuts sur la Chaîne 2, puis un premier 45 toursSous le nom de Semâouni Boudjemâa
1980Installation en France, concert à l’Olympia avec IdirSelon son propre récit
1982Premier album du groupe Agraw, avec « Leswar zzin »Avec Takfarinas
1984Premier album solo, « Made in Algeria »Séparation du duo datée de 1983 à 1985 selon les sources
1987Albums aux percussions électroniquesEntre romance et mélancolie
Lire aussi :  Nadia Khiari, caricaturiste tunisienne : Willis from Tunis et son œuvre

Quelles chansons retenir de sa carrière solo ?

Sa carrière solo démarre en 1984 avec « Made in Algeria ». Le titre le plus repris reste « Ul-iw yedduqus », que plusieurs artistes ont chanté après lui et qui revient souvent dans les fêtes. Wikipédia cite aussi « Ma ulac-ikem » et « Ayen nnan » parmi ses chansons plus tardives, entre histoires de cœur et mélancolie.

Pourtant, sa discographie reste mal documentée en ligne.

Vers 1987, ses albums produits en France intègrent des percussions électroniques, un virage que la plupart des biographies relèvent. Après cette période, ses disques ont eu moins d’écho commercial, selon le site Vitaminedz, mais il a continué à chanter pour le public amazigh. Beaucoup de listes de titres qui circulent sur les réseaux mélangent albums, compilations et rééditions. Certains sites attribuent même au chanteur des albums introuvables dans les catalogues. Avant de partager une discographie, vérifie la pochette et l’année sur une base comme Discogs, c’est plus fiable qu’une capture d’écran.

✅ Ce que son parcours montre

  • La radio algérienne a formé toute une génération de chanteurs kabyles
  • La scène parisienne des années 1980 a donné une vitrine à la chanson amazighe
  • Une carrière peut durer sans passer par les grands médias

⚠️ Ce qu’on oublie souvent

  • Les dates varient beaucoup d’une source à l’autre
  • Son répertoire se résume trop souvent à un seul titre
  • Takfarinas occupe tout l’espace quand on parle du groupe Agraw

Mon avis : Boudjemaa Agraw mérite une écoute attentive de ses premiers albums, bien plus qu’un simple refrain de fête.

Quelle place garde-t-il dans la chanson kabyle ?

Boudjemaa Agraw appartient à la génération qui a fait passer la chanson kabyle de la radio de village aux studios parisiens. Il a continué à se produire devant le public amazigh, en Kabylie comme dans la diaspora. En juillet 2013, la Dépêche de Kabylie racontait un concert dans le village de Takaâts, à Seddouk, prolongé jusqu’à une heure du matin.

Ce soir-là, il avait aussi chanté Matoub Lounès et Slimane Azem.

Cette fidélité aux aînés dit quelque chose de la transmission en Kabylie. Les chanteurs reprennent volontiers ceux qui les ont précédés, et le public connaît souvent les paroles par cœur. Cependant, cette culture de la reprise brouille parfois la mémoire des auteurs, surtout quand un titre circule sans crédit sur les plateformes. Pour les familles installées en France, ses chansons font partie des cassettes que les parents ont rapportées ou achetées à Barbès. Les réécouter aujourd’hui, c’est aussi mesurer le chemin parcouru par une langue longtemps absente des médias officiels.

🤔 Pour qui, vraiment ?

Lire aussi :  Eva Longoria taille : 1,57 m ou moins ? Les chiffres, leurs limites et sa carrière

Pour toi si tu veux comprendre la chanson kabyle des années 1980 au-delà des grands noms, ou si tes parents écoutaient Agraw en cassette. Pour toi aussi si tu prépares une playlist de fête qui mélange générations. Moins si tu cherches une biographie détaillée et datée au jour près : les sources publiques restent minces et parfois contradictoires.

Reste une confusion fréquente, qu’on voit passer dans les commentaires.

🚫 Erreur courante

Confondre le groupe Agraw avec les Abranis. Les Abranis sont un groupe de rock kabyle fondé en 1973 par Shamy El Baz et Karim Abdenour. Agraw est né quelques années plus tard, autour de Boudjemaa et de Takfarinas. Ce sont deux aventures distinctes, même si elles ont touché le même public.

Si la chanson kabyle te parle, le portrait d’Idir et de A Vava Inouva raconte le chanteur qui partageait l’affiche de l’Olympia en 1980. Pour un autre parcours entre l’Algérie et la France, lis celui de Rachid Taha, chanteur et musicien, qui a mêlé rock et musiques du Maghreb. Et si c’est la culture amazighe écrite qui t’intéresse, le portrait de Mouloud Mammeri, écrivain et ethnologue complète bien le tableau. Trois voix, trois façons de faire exister la langue.

Questions fréquentes

Quel est le vrai nom de Boudjemaa Agraw ?

Son vrai nom est Boudjemâa Ouddane. Il a d’abord chanté à la radio sous le nom de Semâouni Boudjemâa, en référence à son village de Semaoun, puis a gardé le nom de son groupe, Agraw, comme nom de scène.

Boudjemaa Agraw a-t-il chanté avec Takfarinas ?

Oui. Les deux chanteurs ont fondé le groupe Agraw à Paris au début des années 1980 et sorti un premier album en 1982, avec le titre « Leswar zzin ». Ils se sont séparés quelques années plus tard, entre 1983 et 1985 selon les sources.

Quelle est sa chanson la plus connue ?

« Ul-iw yedduqus » reste son titre le plus repris, par d’autres artistes comme dans les fêtes. Pour la période du duo avec Takfarinas, « Leswar zzin » est la référence.

Boudjemaa Agraw fait-il partie des Abranis ?

Non. Les Abranis sont un groupe de rock kabyle fondé en 1973 par Shamy El Baz et Karim Abdenour. Boudjemaa Agraw a fondé son propre groupe, Agraw, avec Takfarinas.

Comment transformer ce rêve en opportunité pour la relation de couple ?

Un couple unis par une curiosité insatiable et un goût prononcé pour le style de vie moderne.

Laisser un commentaire